‹ Le parlement de Franche-Comté, de son installation à Besançon à sa suppression, 1674-1790Chapitre 113 sur 176 · AVOCATS EN RENOM · texte numérisé non relu

AVOCATS EN RENOM

le fils d'un professeur distinguo, et devait être, lui aussi, on 1708, charge d enseigner le droit fronçais et nommé professeur par des lettres patentes, où Louis XIV rend hommage à « sa capacité et à son expérience » Enfin Dunod occupait au barreau Tune des premières places ; orateur brillant autant que jurisconsulte profond, il consacrait sa vie à l'étude du droit et à la défense des intérêts qui lui étaient confiés ; sa notoriété était grande, ses succès oratoires justifiés par son talent ; jusqu'à 1 âge de quarante ans il restait au barreau et ne renonçait à la carrière d'avocat qu'en 1720, pour devenir professeur dans cette Université qu'il devait contribuer à rendre célèbre et pour se livrer avec autant de sagacité que de persévérance à des recherches qui ont éclairé l'histoire de notre province, à des travaux juridiques qui ont exercé une haute influence sur la législation moderne.

La plupart de ces hommes ont fait partie de la faculté de droit et ont été de notre part l'objet d'une étude spéciale et détaillée.

Le Michaud avait aussi une réputation : originaire de Chaux-Neuve et seigneur d'Arçon, il était de la même famille que le poète Pierre Michault ; fils d'un subdélégué au bailliage de Pontarlier, il avait quitté cette ville pour prendre place au barreau de Besançon ; il avait toutes les qualités de l'avocat, la parole brillante et facile, l'imagination vive, la réplique pleine de saillies et d'à-propos, mais il manquait d'ampleur, d'étendue dans la voix et dut, jeune encore, sinon renoncer à la plaidoirie, qui le fatiguait, du moins ne se faire entendre

que rarement et se consacrer surtout à des consultations.

A cette pléiade d esprits distingues succédèrent des jurisconsultes qui eurent aussi une notoriété méritée, notamment Charles-Antoine Seguin, qui a laissé de nombreux mémoires composés avec soin, écrits avec facilité, sans emphase, avec une simplicité qui n'était guère de son temps. Fils d'un capitaine d'artillerie, il avait dès sa jeunesse travaillé la science du droit, et se montra aussi savant professeur que brillant avocat. Il sut mener de front la théorie et la pratique, fut le conseil de personnages illustres, et eut en outre l'honneur de préparer à l'étude du droit l'un des plus remarquables de nos jurisconsultes, Victor Proudhon; l'un des plus éloquents de nos orateurs, Courvoisier, le père du garde des sceaux. Comme Dunod, il sut aborder avec succès le domaine de l'histoire, recueillit de nombreux documents, réussit à éclaircir plusieurs questions d'un haut intérêt ; son Commentaire sur les Institutes est le résumé de son enseignement (*).

A côté de Seguin, mentionnons son meilleur ami, Belon, Jean-Baptiste, qui appartenait à une famille d erudits, Gallet, Guillemin de Vaivre, Courchetet, Lombard, Ordinaire, Dunod de Charnage, d'Auxiron, Egenod, Courvoisier.

Professeur aussi savant que modeste, Belon était estimé à la Faculté de droit autant qu'au barreau, et fut à diverses reprises délégué à Paris pour défendre les

(1) Courvoisier se rendit l'interprète de la douleur publique en payant un juste tribut à la mémoire de son confrère Seguin, dans un discours de rentrée à r Université.

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