AVOCATS A LA CONVENTION
Jura, puis dans le canton de Zurich, revint en 1795 présider à la Convention la séance où quelques misérables essayèrent de rétablir le régime de la Terreur, devint membre du conseil des Anciens, sénateur sous l'Empire, pair de France sous la Restauration.
Les conventionnels passèrent en grand nombre au conseil des Cinq-Cents, en sorte que nous retrouvons dans cette assemblée la plupart des hommes dont nous avons rappelé le souvenir. A côté d eux prirent place deux avocats, Louvot et P.-Joseph Briot.
Louvot était un honnête homme, mais parfois faible et timide devant le crime triomphant; ses idées libérales, son talent de parole, contribuèrent, en novembre 1790, à le faire élire membre du conseil général de la commune de Besançon, puis maire de cette même ville le 13 novembre 1791. Le programme de son administration se formulait ainsi : « Surveiller les tentatives du fanatisme, arrêter ses progrès, réprimer ses efforts en respectant la liberté des opinions religieuses et en protégeant tous les cultes. » Son ambition était non seulement d'assurer l'empire de la loi, le règne de la constitution, mais aussi de la faire aimer, de maintenir l'ordre et la tranquillité publique, d'apporter dans la gestion des intérêts de la ville l'économie la plus scrupuleuse. Déjà à cette époque, Louvot comprenait les difficultés de sa tâche, il savait les démocraties haineuses et jalouses, il redoutait les dénonciations ; prenant possession de ses fonctions de maire, il disait : « Epargnez-nous ces soupçons continuels, cette inquisition décourageante qui épie les fautes les plus légères
pour en faire des crimes ; qui, ne pouvant accuser les actions, se plaît à calomnier les intentions. Si j'avais le malheur d'en être l'objet, si on parvenait à me faire perdre votre confiance, si, l'œil toujours ouvert sur l'urne du scrutin, je m'apercevais que mon nom n'y fût plus porté par l'estime générale, je laisserais à des mains plus heureuses une administration qui ne peut prospérer dans celles que Ton aurait su rendre suspectes. »
Louvot profita de sa situation pour prendre des mesures importantes et utiles, pour assurer la tranquillité publique et l'approvisionnement des marchés, pour émettre de petits assignats de dix et de cinq sols qu'on appelait des Louvots, et qui étaient destinés à faciliter les transactions et le paiement des ouvriers. Dénoncé après le 10 août, il donna sa démission ; déclaré suspect « comme ayant soutenu les aristocrates, feuillants et modérés, et comme défenseur de la fille Constable, » il fut arrêté et envoyé dans les prisons de Dijon. Là il argumenta assez piteusement de son attitude au 10 août, de son républicanisme 0). « A Besançon, s'écria-t-il, on n'a point pétitionné contre l'attaque des Tuileries au 20 juin, et il n'y a pas beaucoup de communes où l'on ait plus promptement publié les actes du 10 août et proclamé la chute du tyran. » Elu au conseil des Cinq-Cents, il fit preuve de talent comme administrateur, comme jurisconsulte et comme orateur.
(1) Pétition aux représentants du peuple délégués dans les départements du Mont-Blanc, du Jura, du Doubs. (Révolution de Franche-Comté, vol. 2. Biblioth. de Besançon.)