‹ Le parlement de Franche-Comté, de son installation à Besançon à sa suppression, 1674-1790Chapitre 127 sur 176 · AVOCATS AU CONSEIL DES CINQ-CENTS · texte numérisé non relu

AVOCATS AU CONSEIL DES CINQ-CENTS

L'Empire, qui ne croyait pas à la solidité de ses convictions, le nomma premier président à Besançon. La Restauration l'envoya à Riom occuper ces mêmes fonctions. Il mourut conseiller à la cour de cassation en 1824.

Briot, qui n'avait fait partie ni de la Constituante, ni de la Législative, ni de la Convention, et avait cependant joué un rôle important dans notre pays. Fils d'un notaire d'Orchamps-Vennes, il était avocat à Besançon lorsque la Révolution vint le détourner de la carrière du barreau. Improvisateur facile et fécond, il se fit dans les clubs une réputation, collabora à la Vedette et propagea les doctrines révolutionnaires: mais lorsqu'il vit la tyrannie des jacobins, les poursuites contre Louis XVI, il n'hésita pas à protester; généreux mouvement qui fut suivi de défaillance. La peur s'empara de Briot, qui applaudit au supplice de son roi. Peu après, obéissant encore à de nobles sentiments, ii manifesta hautement ses sympathies pour les girondins, ses haines contre Marat, Robespierre et ses complices; mais ici encore, soit que ses convictions ne fus" nt pas solides, soit qu'il craignît pour sa vie, il consentit à prononcer l'éloge de ce même monstre de Marat lorsque la Convention eut décrété son apothéose. Plus tard, il se fit le défenseur d'honnêtes gens dont il ne partageait pas les opinions, notamment de Couchery, destitué de sa place de procureur de la commune, et de Bernard de Saintes, et s'attira l'hostilité de Robespierre jeune. Le 9 thermidor le sauva de la prison, ce qui ne l'empêcha pas d'être signalé comme terroriste, forcé de s'enrôler dans un des bataillons du Doubs. Revenu

à Besançon, il entra comme professeur de belles-lettres à l'Ecole centrale, et ne tarda pas à être nommé au conseil des Cinq-Cents. Actif et laborieux, il y rédigea de nombreux rapports ; orateur, il prononça plusieurs discours. L'un des meilleurs fut celui sur la situation intérieure et extérieure de la République; grand admirateur de Mirabeau, il fit à cette même assemblée hommage d une gravure représentant l'illustre tribun. Il demanda que les cendres de Descartes reposassent à côté des cendres de Voltaire et de Rousseau; que les noms de Condillac, de Mably, de Montesquieu, fussent gravés en lettres d'or sur une colonne impérissable et sacrée. Sous l'Empire, le farouche républicain devint secrétaire général de préfecture, commissaire du gouvernement à l'île d'Elbe, conseiller d'Etat à Naples, répudiant toutes les théories de sa jeunesse, et oubliant, dans l'éducation, l'affection de ses enfants et la culture des fleurs, les agitations de ses premières années.

A côté de ces hommes qui prirent une part active et parfois honteuse aux événements politiques, il en est d'autres qui abandonnèrent le barreau avant même la tourmente révolutionnaire; les uns entrèrent dans la garde de Louis XVI, d'autres allèrent grossir les rangs des volontaires et défendre leur patrie sur les bords du Rhin. Il en est qui se réfugièrent à l'étranger ; quelques-uns restèrent fidèles à leur profession d'avocat.

L'édit de 1789, qui abolissait l'ordre des avocats, ne pouvait leur enlever l'estime et la confiance publiques. Aussi, bien que ne formant plus une corporation, une phalange compacte, serrée par les liens d'une puis-

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