‹ Le parlement de Franche-Comté, de son installation à Besançon à sa suppression, 1674-1790Chapitre 31 sur 176 · MAGISTRATS DU PARLEMENT DE DOLE · texte numérisé non relu

MAGISTRATS DU PARLEMENT DE DOLE

Boguet, qui composa le premier ouvrage qui ait paru sur la Coutume de Franche-Comté ; François Capitain, savant illustre à qui Rome voulut confier renseignement des langues orientales ; Mercurinde Gattinara, qui, d'après Courbouzon, mérita par sa sagesse, son courage, son génie, d être mis au rang des grands hommes de son siècle ; Girardot de Beauchemin, remarquable par la sagesse de ses conseils autant que par sa vaillance; Antoine Brun, le type du courage civil, l'énergique défenseur de la Franche-Comté, soldat intrépide, habile diplomate, qui défendit les intérêts de sa patrie dans Fillustre assemblée où fut élaboré le traité de Westphalie, et qui fut, selon l'expression de Balzac, le Démosthène de Dole; Boy vin, l'àme de l'héroïque défense de cette même ville de Dole, l'un des plus grands hommes, d'après Chiflet, que la robe ait jamais élevés à la présidence d'un Parlement, jurisconsulte, écrivain et orateur; Jean Grivel, qui, après la mort de Richardot, demeura seul chargé des affaires du comté de Bourgogne; Jules Chiflet, qui sut montrer en 163G la bravoure d'un soldat éprouvé, dont les Mémoires sont écrits avec autant d'élévation que de fermeté, avec des mots heureux qui mettent en relief sa pensée, nommé par Philippe IV chancelier de l'ordre de la Toison d'Or, bien digne, par son immense érudition, d'appartenir à une famille où le talent et la science se perpétuèrent pendant des siècles.

A Besançon, le Parlement s'inspirera des nobles exemples laissés à Dole par des magistrats éminents; il deviendra plus lettré, plus disposé à élargir son horizon au delà de la science du droit.

Ses premiers présidents seront des hommes remarquables et apporteront, pour la plupart, dans leurs fonctions les qualités du vrai magistrat, l'impartialité, l'honnêteté, la science et les sentiments élevés qui doivent distinguer le chef d'une grande compagnie. L'existence de la plupart d'entre eux sera peu mouvementée; elle s'écoulera au foyer domestique et à l'audience, mais elle sera toujours laborieuse et consacrée au bien public.

Au début, les assemblées de justice étaient présidées en France par le chancelier ou par quelques-uns des prélats, et en leur absence par trois des plus anciens de la compagnie, appelés maistres du Parlement. Ce nom leur fut continué jusqu'à ce que Philippe de Valois eût créé trois présidents et leur eût conféré le titre de président. Primitivement, les Parlements eux-mêmes avaient le droit de présenter au roi trois candidats en cas de vacances; mais dès le règne de Henri IV, ils n'eurent ni droit de présentation ni même aucune influence sur le choix des souverains, et le droit de nomination directe appartint sans contrôle à la couronne.

Les charges de premier président ne furent jamais ni vénales ni transmissibles. Le gouvernement ne nommait généralement à ces hautes fonctions que des hommes aussi distingués par leur naissance et leur fortune que par leur science, leur mérite et toutes les qualités inhérentes aux grands cœurs. Il avait recours à eux dans toutes les occasions où leur influence et leur intervention pouvaient seconder ses vues d'une manière utile. Le plus souvent il trouvait en eux des auxiliaires dé-

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