‹ Le parlement de Franche-Comté, de son installation à Besançon à sa suppression, 1674-1790Chapitre 50 sur 176 · LE PRÉSIDENT PHILIPPE · texte numérisé non relu

LE PRÉSIDENT PHILIPPE

A cette même époque siégeaient au Parlement Ferdinand Lampinet et le président Philippe. Lampinet était un érudit, et publiait en 1703 un volume inquarto pour prouver que la ville de' Dole était l'ancienne Ditalium de Ptolémée et la capitale des Séquanais. Il composait en outre un recueil des vies des saints du pays, et l'histoire du Parlement, ou plutôt une notice restée manuscrite sur tous les membres de cette compagnie. Le président Philippe ne paraissait plus songer qu'à la science du droit. Il avait fait preuve, comme diplomate, d'une certaine habileté ; il avait écrit l'histoire de la conquête de la Franche-Comté et de la diète de Ratisbonne, il avait servi l'Espagne avec autant de dévouement que de zèle, et avait reçu des preuves d'une haute bienveillance de la cour de Madrid, puis il avait fini par s'asseoir sur les fleurs de lis, et semblait vouloir se faire oublier ; il oubliait lui-même le passé en résumant en deux volumes les principales questions de droit résolues par le Parlement, et n'avait plus parmi ses compatriotes qu'une situation relativement effacée W.

Tout autre était Claude-Antoine Boquet, baron de Courbouzon. Reçu en Parlement en 1705, à l'âge de vingt-trois ans, réunissant en lui, dit dom Grappin, ce qui est le plus capable de plaire, une taille majestueuse, les grâces de la figure et les plus brillantes qualités de l'esprit, doué d'une grande activité, d'une santé robuste, il prétendait à la réputation, aspirait au crédit,

(1) Manuscrits de Courbouzon, p. 229 à 254. Manuscrits Lampinet, p. 153.

et ne dédaignait pas la fortune. Cette volonté de conquérir une situation honorable, volonté avouable quand elle est inspirée par le mérite et subordonnée au devoir, fut secondée par M. d'Argenson, qui le mit en relations avec le Régent. En 1719, celui-ci lui accordait une pension de 500 livres. Sa facilité d'esprit, sa flexibilité de caractère, devaient peu après, en 1723, le désigner au choix de ses collègues pour être auprès du trône l'organe de sa compagnie et de sa province. Quatre fois il fut député à Paris de 1723 à 1725, et dans les différentes missions qui avaient pour but de soustraire la Comté à des exécutions de diverse nature, il sut toujours se distinguer par la justesse de ses vues et la sagesse de ses démarches. Nous trouvons dans la correspondance du Parlement une lettre du duc de Tallard, qui en 1724 se trouvait à Paris avec 1 eminent magistrat et écrivait à la compagnie le 24 mars : « M. de Courbouzon, qui est ici de vostre part, s'est conduit avec tant de dextérité et tant d'habileté dans l'exécution de vos ordres que je ne saurais lui rendre un témoignage trop favorable. » Dans une autre lettre du 4 août même année, il ajoutait : « M. de Courbouzon conduit ici les affaires dont il est chargé avec tant de capacité et d'activité, qu'il est impossible qu'il ne réussisse à tout ce qui est favorable ; et en vérité, je ne saurais lui rendre trop de justice là-dessus. »

Quelques années plus tard le magistrat diplomate fut chargé par les cours de France et de Rome d'un travail long et difficile sur les prieurés de la province. Chaque vacance mettait en opposition le pape et le roi,

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