COMTE DE LA BLACHE CONTRE MARQUIS DE CHOISEUL
devant le Parlement, entre messire de Falcoz, comte de la Blache, colonel du régiment de Royal-dragon, maréchal de camp, demandeur dans le débat, et le marquis de Choiseul, le comte de Mirepoix, le marquis d'Espinchal et le sieur de Dortan. En 1622, Philibert de la Baume, comte de Saint-Amour, de qui tous les plaideurs descendaient originairement par Catherine de la Baume, sa fille, voulant conserver dans sa maison le comté de Saint-Amour, avait décidé par testament qu'en cas de décès de son héritier Nicolas de la Baume, le comté retournerait par droit de substitution à ses enfants mâles et aux enfants mâles de sesdits enfants, préférant toujours « l'aîné au puîné et le plus prochain des derniers descendants et possesseurs. » C'étaient ces derniers mots qui donnaient lieu au procès. Le comte de la Blache était bien l'aîné plus prochain du dernier possesseur, mais le marquis de Choiseul, en qualité d'héritier de Jacques-Philippe de la Baume, soutenait que l'auteur de la substitution ne possédait point librement le comté de Saint-Amour, et qu'il n'avait pu en disposer, que la substitution était de plus éteinte par le défaut de sujets capables d'y aspirer. Le comte de Mirepoix prétendait, d'un autre côté, que la substitution ne pouvait profiter qu'a la branche aînée, dont il descendait par les femmes, et que le degré de parenté n'était point à considérer. Enfin le marquis d'Espinchal se joignait aux deux autres plaideurs pour dire que le fidéicommis n'appelait que les enfants mâles de Catherine de la Baume, et qu'il était éteint, faute de descendant par mâle et de mâle en mâle.
Ce fut Thcvenot d'Essaule qui vint devant le Parlement de Besancon soutenir les prétentions du marquis de Choiseul.
Un procès de moindre gravité, qui fit cependant grand bruit, fut celui que poursuivit la marquise douairière de Staal-Cairo, née comtesse de Reinach, contre Michel de Larue. A la mort de son mari en 1783, la marquise de Staal s'était trouvée sous le poids de difficultés de diverses natures, des réclamations nombreuses lui étaient adressées par les héritiers du marquis; on semblait l'accuser d'avoir détourné ou dissipé des sommes considérables. Un prêtre, Michel de Larue, bachelier de Sorbonne, chanoine régulier de Tordre de la Sainte- Trinité, aumônier du régiment de Bourgogne, prit soin de ses intérêts. Si Ton en juge par quelques lettres de M mc de Staal, il se serait montré tout d'abord digne de la confiance de cette dernière, et son appui ne lui aurait pas été inutile. Mais après avoir témoigné au chanoine toute sa satisfaction, M mo de Staal ne tarda pas à se plaindre de ses procédés. Elle l'accusa de l'avoir forcée à paver pour lui une somme considérable, d'avoir essayé de lui voler 48,000 livres, de lui avoir fait supporter les frais d'un voyage de Bàle à Besançon, d'avoir essayé de détourner des lettres, des titres de propriété et d'autres documents. Le reproche était d'autant plus grave qu'il s'adressait à un prêtre. Aussi celui-ci repoussa l'accusation avec autant d'énergie que d'indignation; il se plaignit à son tour, et de M me de Staal et de ses amis, parmi lesquels figure le professeur Courvoisier : il leur reprocha d'avoir, dans le domhyle de la mar-