INTRODUCTION XIX
amendes infligées par le Parlement ‘, sur celui des exploits, tous recueillis par un receveur général des amendes et des exploits qui pouvait cumuler cette charge avec celle de conseiller. Ces ressources ne suffisant pas, Charles V y ajouta les recettes des sénéchaussées de Carcassonne, de Beaucaire, de Toulouse et de Mâcon. Avec les guerres anglaises, la régularité des paiements devint l'exception. En effet, les charges du pays, les luttes civiles, rendaient difficile le recouvrement des impôts et excusaient les retards ; mais on comprend les murmures des conseillers qui demeuraient de longs mois sans rien recevoir. Leurs doléances, leurs menaces même à l’adresse du receveur étaient sans effet. Le receveur promettait d’être plus exact à l'avenir : promesse vaine, puisque l'argent manquait. Le Parlement, espérant effrayer le roi, déclarait alors qu'il s’abstiendrait de siéger tant que l’arriéré ne serait pas versé; comme son receveur, le prince promettait la régularité, mais comme lui, ne tenait et ne pouvait tenir sa parole. Aussi bien, le Parlement exécutait rarement ses menaccs; au bout de deux ou trois jours, 1l reprenait ses travaux pour rendre service au roi et au pays.
Jamais 1l n'hésitait à leur venir en aide et on doit lui en conserver une éternelle reconnaissance. Au prévôt de Paris qui le supplie de contribuer à la défense de Paris menacé par les Armagnacs auxquels Perrinet Le Clerc avait livré le pont de Saint-Cloud, il promet de donner mille livres tournois, en s’excusant de ne pouvoir être plus généreux. Comment réunir cette somme? Les gages n'étaient pas payés depuis longtemps, nombre de membres avaient vu leurs terres ravagées par les Anglais et par les factions
1. En 1331, les amendes avaient produit environ dix mille livres. v. H. Moranvillé, loc. cit., p. 383.