‹ Le Parlement de Paris de Philippe-le-Bel à Charles VII (1314-1422). Sa compétence, ses attributionsChapitre 17 sur 337 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

rivales. On organisa une taxe : le premier président fut inscrit pour quarante livres parisis, les autres présidents de la Grand'chambre pour vingt, chaque conseiller clerc pour cent sous parisis et chaque laïque pour dix livres de la même monnaie. Les nouveaux reçus : Jean Girard et Jean Gencien, ne payèrent chacun que cinq livres parce qu'ils n’avaient encore reçu aucun traitement. Les greffiers, les notaires, les huissiers, ne furent pas oubliés et tous, sauf quatre de ces derniers qui étaient pauvres, furent taxés à huit livres (14-16 novembre 1411). Plus tard, apprenant la situation critique de Rouen, le Parlement s'impose encore pour offrir mille francs au roi (40 décembre 1418). Quand il ne croit pas pouvoir donner, il prète : en août 1414, il avance mille livre parisis à l’armée royale qui assiégeait Arras.

Fallait-il, par une démonstration patriotique, réchauffer le zèle des Parisiens, les magistrats s’armaient et chevauchaient à travers la capitale.

Cette générosité ne se démentait pas quand survenait une catastrophe. Lorsqu’au mois de janvier 1408 le petit pont et le pont Saint-Michel furent emportés par les glaces, le Parlement fournit quinze cents livres pour aider à leur reconstruction.

Cette belle conduite, qu'on ne saurait trop louer, attirait naturellement le respect et la sympathie. Les papes chargeaient leurs légats de féliciter la noble compagnie, félicitations un peu intéressées, car ils tenaient à ménager ses susceptibilités gallicanes. Ce but était mieux atteint par la concession d’indults en vertu desquels les membres des trois chambres, les greffiers et les notaires, leurs enfants ou leurs neveux, désignés dans un rôle spécial, obtenaïent des évéchés et des bénéfices ecclésiastiques. Ce rôle, porté au pape par un conseiller dont les intéressés payaient le voyage,

Page 1