INTRODUCTION XXI
était composé par les présidents. Le roi et le chancelier avaient été tout naturellement consultés avant la rédaction.
De leur côté, les rois comblaient d’éloges leur fidèle Parlement. L’atitaquer, c’est s’attaquer à eux-mêmes, c'est se rendre coupable de lèse-majesté. À ces louanges pompéuses, se joignaient des présents et, chose précieuse, des gages à vie. Ces gages à vie devinrent abusifs et Philippe de Valois les supprima; mais ils reparurent et furent encore proscrits par Charles VI. Cette proscription légitime paraissait dure à l'égard de bons serviteurs payés si peu régulièrement ; aussi ce prince fit-il une exception pour les conseillers ayant vingt ans de service. Cette concession ne satisfit pas leurs collègues. L’ordonnance cabochienne (25 mai 4413) alla plus loin : désormais seuls les conseillers comptant trente ans de service jouiraient de ce privilège. Les conseillers effrayés se rassurèrent bientôt : l'ordonnance fut annulée et d’ailleurs les gages à vie continuèrent sans aucune distinction.
D’autres privilèges rendaient encore enviable le titre de conseiller. Ceux qui le portaient ne payaient aucuns droits pour les objets nécessaires à leur alimentation. Charles VI les exempta de tout droit pour la vente des produits de leurs terres ; maintes fois il les dispensa de payer des aides ou des décimes ; à chaque convocalion du ban ils étaient exemptés du service militaire et des impositions de guerre.
Le Parlement avait trop le sentiment de sa dignité et l’esprit de corps pour ne pas défendre énergiquement ses privilèges ; il punissait sévèrement quiconque, fût-1l évêque, manquait de respect à ses membres, qu'ils fussent présidents ou huissiers’. Lui-même se proclamait :