INTRODUCTION XXV
que, lorsque le Parlement envoyait des députations à Troyes ou à Rouen, il cessait de siéger, au plus tard, la troisième semaine d'août, autrement il n'entrait en vacances qu'à la mi-septembre ou même seulement au commencement d'octobre. Les plaidoiries et les présentations cessaient dix ou douze jours avant la clôture définitive; ce jour-là le président de la Grand’chambre lisait les ordonnances de clôture concernant les vacations et les rôles de la session suivante. Ces rôles imités de ceux d'Alphonse de Poitiers ‘ indiquaïent l’ordre dans lequel chaque bailliage ou sénéchaussée verrait juger les causes de ses habitants et le nombre de jours qui leur était réservé. Le roi adressait aux baillis et aux sénéchaux des lettres destinées à leur faire connaître la partie du rôle qui les intéressait, et ceux-ci en avertissaient leurs administrés.
Les causes où l'intérêt du roi était en jeu passaient de droit les premières. Quant à celles des pairs de France, elles ne se trouvaient pas sur le rôle ; le surlendemain de la rentrée des chambres, le Parlement laissait leurs procureurs choisir un jour dans la liste des jours du bailliage ou de la sénéchaussée qu’habitait leur illustre client, et il annonçait une quinzaine à l'avance le jour qu'ils avaient choisi. L'ordre du rôle devait être rigoureusement observé.
Pendant les vacances, une commission des vacalions restait au palais pour expédier les procès et recevoir les rapports des baïllis. Jusqu'en 1405 cette commission n'eut aucun caractère fixe, elle fut prise tantôt dans la Chambre des enquêtes, tantôt dans celle des requêtes, le plus souvent dans la Grand’chambre. Cette commission ne pouvait juger au fond que dans les cas urgents, avec l'autorisation du
1. C.-V. Langlois, De monumentis ad priorem curiæ regis judiciariæ historiam pertinentibus, thesim facultati litterarum Parisiensi proponebat Carolus Victor Langlois. Paris, Hachette, 1887, in-8, p. 15.