‹ Le parlement de ParisChapitre 104 sur 238 · Mémoires cTOmer Talon, t. IV, p · texte numérisé non relu

Mémoires cTOmer Talon, t. IV, p

les provinces. Le parlement de Rennes ne voulait plus d'intendant de justice dans son ressort; celui de Provence avait chassé le sien; partout on craignait une révolution dans l'État. Quant à la reine, elle ne songeait qu'à transmettre à son fils les pouvoirs d'un prince absolu. Mazarin continuait la politique de Richelieu; mais à la violence il substituait volontiers la patience et l'habileté. Aussi, le 20 janvier, la régente, ayant appris que le Parlement allait recommencer ses assemblées, manda-t-elle au Palais-Royal le premier président et les députés du Parlement; elle leur dit qu'elle désirait savoir pour quel motif le Parlement s'était assemblé. Le premier président répondit que dans le dernier lit de justice du roi il avait été lu beaucoup d'édits, mais que personne ne les avait entendus; que la Cour s'était réunie pour en recevoir de nouveau la lecture avec plus de loisirs ; que ces édits contenaient en effet des dispositions importantes, méritant un examen particulier et qu'ils avaient été renvoyés à sept conseillers rapporteurs. L'entrevue n'eut pas d'autre suite et le Parlement continua à s'occuper des édits pendant tout le mois de février1. Le premier président, toujours plein de sagesse et s'élevant à un point de vue tout à fait désintéressé, rappela à la compagnie que, pour faciliter les négociations de la paix alors fort avancées, il fallait montrer aux ennemis de la France qu'elle était prête à tous les sacrifices si la continuation de la guerre était nécessaire. Le Parlement ne tint aucun compte de ces sages avis et, comme toute assemblée délibérante, il fit traîner les affaires en longueur. Dès le 5 février on se demanda si la délibération porterait séparément sur chaque édit en particulier ou si l'on discuterait sur tous à la fois, et bien que le second parti eût l'avantage de la célérité, on préféra cependant

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