‹ Le parlement de ParisChapitre 106 sur 238 · Mémoires de Mathieu Mole, t. III, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Mathieu Mole, t. III, p

trement n'eut pourtant lieu que le 5 mars, après de vives protestations et avec la formule « sous le bon plaisir du roi1 ».

La reine avait, on vient de le voir, posé au Parlement, au cours des derniers événements, une question fort délicate et destinée à l'embarrasser : quelles étaient les bornes de sa juridiction ? Avait-il le droit de modifier un édit vérifié en présence du roi? Le Parlement se garda de trancher nettement la question. Il se borna à relever que, par son arrêt du o mars, il n'avait modifié l'arrêt du tarif que sous le bon plaisir du roi, et, le 6 mars 16482, les gens du roi s'étant rendus au Palais-Royal, l'avocat général Talon déclara au nom du Parlement « qu'il ne peut ni ne doit décider une question de cette qualité pour laquelle il faudrait ouvrir les sceaux et les cachets de la royauté et pénétrer dans les secrets de l'Empire. Trouvez bon, madame, s'il vous plaît que n'ayant pas de liberté sur la question la plus importante et la plus difficile de la politique, des sujets qui ne possèdent qu'une lumière empruntée et qui ne tiennent qu'en dépôt l'honneur que les rois leur ont communiqué, ne décident pas quelles sont les bornes de leurs conditions et jusqu'à quels termes elles peuvent s'étendre3 ».

La reine fut satisfaite de ce langage et du procédé de la compagnie, elle alla jusqu'à dire que le Parlement était le lieu du monde où l'autorité du roi était la plus reconnue; puis elle fit entrer dans son cabinet les membres présents pour discuter avec ceux du Conseil.

Trois édits restaient à examiner : celui des offices de

1. Mémoires de Goulas, t. II, p. 267; Mémoires d'OMER Talon, t. IV, p. 197.

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