‹ Le parlement de ParisChapitre 109 sur 238 · Mémoires cTOmer Talon t. V, p · texte numérisé non relu

Mémoires cTOmer Talon t. V, p

par les conseillers Broussel et Ouatresous, ne servirent qu'à le rendre suspect et à lui enlever pour quelque temps une partie de son crédit. De son côté la régente fit publier le 15 mai deux déclarations : l'une promettait aux compagnies la jouissance de leurs gages comme auparavant; l'autre révoquait pour toutes le droit annuel. La reine espérait, par ces mesures, satisfaire le Parlement, le Grand Conseil, la Chambre des comptes et la Cour des aides1. Il était trop tard ; l'arrêt d'union avait été rendu le même our par le Parlement, le 15 mai 1648; il produisit l'effet d'un coup de tonnerre et fut le point de départ d'une nouvelle guerre entre le Parlement et le ministère.

Ceux qui étaient restés en dehors des hostilités les déplorèrent2 et y virent un véritable danger pour l'Etat. Tous n'étaient pourtant pas de cet avis et le clergé, notamment, fit cause commune avec la magistrature, reprochant au cardinal Mazarin de trafiquer des bénéfices et de les donner à la pure faveur5.

L'arrêt d'union décidait que les quatre compagnies se mettaient en commun pour le service du public et la réforme des abus de l'État. Chacune des quatre cours devait envoyer des députés qui se réuniraient à la salle Saint-Louis et ne formeraient qu'un seul corps. L'union maintenait aussi l'hérédité des offices en décidant que nul ne serait reçu que du consentement des veuves et des héritiers du magistrat décédé. Les gens du roi furent mandés au Palais-Royal et reçurent mission de porter au Parlement, d'abord dans la Grand'Chambre, puis aux trois chambres assemblées, une lettre de cachet qui défendait les assemblées. Le 25 mai, une autre lettre adressée au

1. Mémoires de Mathieu Mole, t. III, p. 215 à 218; Isambert, t. XVII, p. 68; Journal de d'ÛRMESsoN, t. I, p. 491.

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