Mémoires oVOmer Talon, t. V, p. 6 à
aux volontés de leur roi et de leur maître1 ». En même temps, l'arrêt du Conseil défendait au Parlement de s'unir directement ou par députés aux autres cours souveraines de Paris. Le premier président et l'avocat général Talon, consultés par le surintendant sur l'utilité de cette mesure, l'avaient vivement critiquée. Dans une autre réunion tenue au Palais-Royal, le chancelier avait exprimé la crainte que l'arrestation de plusieurs magistrats n'eût pour résultat de fortifier l'union. La reine l'interrompit en disant : « Autrefois on a arrêté des princes du sang et des premiers officiers de la couronne; toute la France l'a vu et considéré comme un effet de la puissance royale; parce que j'ai fait arrêter deux conseillers, il semble que l'on doive me faire mon procès -. »
Le Conseil
du Roi casse l'arrêt de jonction.
Un autre fait irrita encore les esprits. La reine avait chargé un espion de se tenir à la porte du président de Mesmes et d'inscrire les noms de ceux qui entraient à son logis. Les domestiques du président s'en aperçurent, le maltraitèrent, le conduisirent au président qui le fit remettre entre les mains d'un commissaire de police du Châtelet. L'espion fut jeté en prison et une information fut commencée contre lui. Mais la reine, en ayant eu connaissance, ordonna de mettre le prisonnier en liberté et prescrivit même au prévôt de donner suite à sa plainte contre ceux qui l'avaient maltraité. « Tout cela, dit Talon, irrita infiniment les esprits, comme d'une espèce d'inquisition3. » C'est à ce moment même que les ministres décidèrent l'arrêt du Conseil qui cassait l'arrêté de jonction des compagnies avec défense de l'exécuter. L'arrêt du Conseil portait en tête : « Le roi séant en son Conseil, la