Mémoires cTOmer Talon, t. V, p
reine sa mère présente1. » Les mémoires de Goulas et ceux d'Orner Talon nous apprennent comment le Parlement fut mis au courant de cette décision du Conseil. Les jeunes conseillers du Parlement s'étaient assemblés pour délibérer, lorsque le premier président fit dire aux gens du roi de se présenter. Ceux-ci déposèrent sur le bureau un arrêt du Conseil d'en haut et une déclaration qui cassaient l'arrêt de jonction des compagnies avec commandement de le retirer du registre et de le lacérer. Après cette lecture, la cour demanda des conclusions aux gens du roi. Ceux-ci se retirèrent au greffe pour en délibérer et le commis au greffe Boileau leur apporta des extraits des registres du Parlement, desquels il résultait qu'il y avait eu autrefois des exemples d'union de ce genre. Boileau était d'avis de les porter à la connaissance de la reine, pour la supplier de laisser s'exécuter l'arrêt d'union. Quoique Talon fût persuadé que la volonté de la reine était irrévocable, il proposa cependant à la cour des conclusions en ce sens et il eut le courage de se rendre ensuite auprès de la reine pour justifier par des exemples ce que venaient de faire les compagnies souveraines de Paris2. Le chancelier combattit les prétentions de Talon en relevant qu'en effet les compagnies avaient, dans maintes circonstances, envoyé des députés en commun, mais pour constituer avec des bourgeois et d'autres encore de simples assemblées de notables3.
Après avoir rendu compte de son entrevue avec la reine, l'avocat général Talon conclut à ce qu'il fût fait des remontrances . Le même jour le chancelier envoya un de ses secrétaires chez le procureur général pour qu'il lui remît l'arrêté d'union. Le procureur général l'envoya
\. Mémoires (TOmer Talon, t. V, p. 44 à 50.