‹ Le parlement de ParisChapitre 115 sur 238 · Mémoires cTOmer Talon, t. V. p. 70 et suiv · texte numérisé non relu

Mémoires cTOmer Talon, t. V. p. 70 et suiv

relie que j'ai toujours eue, et que j'espère que Dieu me continuera, d'aimer la royauté et le Parlement tout ensemble, j'ai appréhendé que cette contradiction affectée ne fît préjudice à l'un et à l'autre, car j'estime que l'autorité du Parlement, doit être perpétuellement interposée pour empêcher l'excès de la puissance absolue, pour tempérer les volontés du roi et celles de leurs ministres.... Mais il serait de dangereuse conséquence que l'autorité du Parlement surmontât et le rendît supérieur aux volontés du roi, parce que, pour maintenir l'autorité du Parlement, il faudrait mettre les armes à la main des peuples, élever une puissance dans l'État, laquelle ceux qui l'auraient émue, ne pourraient pas la conduire et ne sauraient plus l'émettre. Puisque l'Etat dans lequel nous vivons est monarchique, il y faut demeurer, mais il est à souhaiter qu'il soit tempéré des avis et de l'interposition des compagnies souveraines qui ont été établies dans le royaume, non seulement pour rendre la justice distributive, mais pour prendre quelque part à ce qui peut empêcher l'effet de cette même justice1. »

Mazarin était encore plus mécontent des Enquêtes que les Enquêtes ne l'étaient de l'avocat général Talon. Il ne lui répugnait pas non plus de recourir à la violence, mais il était trop habile pour le faire par lui-même. En réalité il poussait la reine aux dernières mesures, bien qu'il fût décidé à ne pas s'en servir ; il espérait se réserver le mérite de réconcilier la régente et le Parlement. Il mit dans sa cause le duc d'Orléans qui se prononça aussi pour un arrangement et parla dans ce sens le 21 juin à une députation du Parlement mandée par la reine au Palais-Royal. Mais ces concessions ne firent qu'accroître l'audace des membres des Enquêtes. Ils allèrent jusqu'à s'offenser de

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