‹ Le parlement de ParisChapitre 118 sur 238 · Mémoires du cardinal de Retz, t. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires du cardinal de Retz, t. I, p

chercha à satisfaire la compagnie par d'autres mesures ; c'est ainsi que dès le matin du 10 juillet le surintendant des finances d'Emery, qui était odieux au Parlement, reçut l'ordre de se retirer dans sa maison la plus éloignée et fut remplacé par M. Meilleraye, grand maître de l'artillerie, maréchal de France, assisté de deux directeurs, MM. d'Aligre et Barillon Morangis. Le même jour et quelques heures après, les députés de la chambre Saint-Louis, feignant d'ignorer cette révocation, la demandaient à la Cour avec la permission d'informer contre d'Emery. En même temps on discuta à la chambre Saint-Louis une grosse question sur les impositions non vérifiées.

Devait-on considérer, comme telles, même celles qui avaient été vérifiées à la Cour des aides, mais non au Parlement? La délibération demeura indécise. Ce même jour encore, on discutait à la conférence tenue chez le duc d'Orléans une déclaration portant suppression des intendants et déchargeant le peuple d'un demi-quartier de la taille pour les années 1648 et 1649. Le nouveau surintendant, le maréchal de la Meilleraye, ne connaissant pas encore les finances, céda la parole au président Tubeuf qui donna lecture d'un mémoire très savant et très minutieux sur l'état des finances du roi. Les députés furent d'autant plus furieux qu'ils n'avaient rien compris. D'ailleurs ils n'avaient aucune sympathie pour le maréchal de la Meilleraye « qu'ils considéraient comme parent proche de feu M. le cardinal de Richelieu, homme plein de bien, fier, impérieux et peu ami de la robe longue, ayant pris à tâche de gourmander souvent le parlement de Bretagne dans laquelle province il était lieutenant du roi1 ». Le 11 juillet, le duc d'Orléans apporta la déclaration au Parlement. Elle était rédigée d'après les modifications de-

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