Voir ses Mémoires, t. V, p
tées, par les peuples, qu'elles ne fussent souscrites en l'original de tous les grands du royaume, des princes et officiers de la couronne; aujourd'hui cette juridiction politique est dévolue au Parlement; nous jouissons de cette puissance seconde que la prescription du temps autorise, que les peuples honorent avec respect. La contradiction de nos suffrages, la résistance respectueuse dont nous usons dans les affaires publiques, ne doit pas être interprétée comme une désobéissance, mais plutôt comme un effet nécessaire de la fonction de nos charges et de l'accomplissement de nos devoirs, et sans doute ce n'est pas diminuer la majesté royale que de l'astreindre à suivre les ordonnances et lui faire, comme dit l'Écriture, un royaume de la loi. » La déclaration royale du 31 juillet 1648 était la réponse aux demandes de la Chambre Saint- Louis et le dernier mot de la royauté : elle faisait remise au peuple du quart des tailles pour l'année 1649 et les années suivantes ; elle promettait qu'à l'avenir nul impôt nouveau ne serait levé tant que l'édit de création n'aurait pas été vérifié ; elle abolissait la taxe sur l'entrée des vins à Paris, mais elle ajoutait que les autres taxes étaient maintenues et que le tarif en serait fixé par le roi en son Conseil ; les officiers qui avaient perdu leurs gages devaient les recouvrer ; le paiement des rentes serait assuré sur un fonds spécial ; les nouvelles charges de maîtres des Requêtes étaient supprimées ; les fermiers des impôts étaient maintenus, mais avec promesse que le roi les supprimerait le jour où il pourrait s'en passer. Une cour de justice serait créée pour statuer en matière de finance ; la chambre du domaine était abolie; on supprimait les abonnements et les taxes pour le toisé des maisons de Paris ; on rappelait l'exécution des ordonnances de Moulins et autres sur l'administration de la justice. Le chancelier déclara en outre que le roi avait l'intention de donner le droit annuel
-lii LE PARLEMENT DE PARIS.
à toutes les compagnies souveraines qui siégeaient à Paris1.
On espérait ainsi les apaiser complètement. Le Parlement obtenait à peu près tout ce qu'il avait demandé, sauf sur deux points principaux. Le roi ne renonçait pas aux emprisonnements arbitraires et il n'accordait pas que les édits seraient à l'avenir vérifiés en sa présence avec liberté des suffrages. Enfin les réformes étant accomplies et terminées, les assemblées de la chambre Saint-Louis étaient interdites pour l'avenir. La régente espérait, par ces concessions, terminer le conflit avec le Parlement et celui-ci eût fait acte de sagesse en acceptant cette paix et en se déclarant satisfait pour le moment, surtout à cause de l'état d'agitation de la France à l'intérieur et de l'état de guerre dans toute l'Europe2.
Il n'en fut pourtant rien et ce qui irrita surtout le Parlement, ce fut la clause qui interdisait à l'avenir les assemblées de la chambre Saint-Louis. Le Parlement soutenait qu'il avait le droit de tenir des assemblées et môme d'y mander les autres compagnies pour délibérer sur les affaires publiques. Aussi les espérances de la régente, qui croyait par ses concessions et ses ordres faire cesser les réunions des gens de robe, furent-elles complètement déçues . Dès le lendemain de ce lit de justice , les membres des Enquêtes vinrent prendre leur place à la Grand'Chambre et demandèrent l'assemblée pour délibérer sur la déclaration de la veille. La Tournelle et la chambre de l'Edit s'abstinrent de prendre part à cette manifestation. On résolut alors de réunir au préalable la Grand'Chambre, la Tournelle, et celle de l'Édit pour savoir ce qu'il y avait