‹ Le parlement de ParisChapitre 123 sur 238 · Mémoires cTOmer Talon, t. V, p · texte numérisé non relu

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diatement; les assemblées continuaient en même temps. Le 21 août, l'assemblée discuta les dispositions de la déclaration relatives à l'adjudication des fermes et décida que des remontrances seraient adressées au roi. Le lendemain, 22 août, MM. Broussel et Ferrand rendirent compte aux chambres assemblées des conférences qui s'étaient tenues chez le duc d'Orléans au sujet du tarif. Ils déclarèrent qu'ils ne pouvaient travailler sur de simples notes et qu'on devait leur remettre des papiers en bonne forme. Le même jour les chambres assemblées décidèrent des remontrances pour que le total des gages fût rétabli et qu'à l'avenir aucun retranchement de ces mêmes gages ne pût être fait qu'en vertu d'édits vérifiés. Enfin et toujours le même jour, le 22 août, le Parlement décréta contre trois traitants. Cette nouvelle hardiesse étonna tout le monde1.

La reine et le ministère, convaincus que toute entente Arrestations

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amiable était devenue impossible, se décidèrent a recourir à la force. La reine résolut de faire arrêter le conseiller Broussel de la Grand'Chambre, le conseiller Poitier des Enquêtes et le président Chardon des Requêtes. Les conseillers Laisné, Loysel et Benoit devaient se retirer dans leurs maisons de campagne.

Le coup fut habilement conduit. Le 26 août on chantait à Notre-Dame un Te Deum à l'occasion de la victoire de Lens. Le roi, la reine, les ministres, le Parlement, les corps d'État et de ville assistaient à cette solennité. Les gardes du roi occupaient les rues en armes depuis le Louvre jusqu'à Notre-Dame. Immédiatement après le Te Deum, Broussel fut arrêté en son logis, rue du Pont- Saint-Landry, près de Notre-Dame. Le carrosse qui

1. Mémoires de Goulas, t. II, p. 342 et 543; Mémoires de Mathieu Mole, t. III, p. 245; Mémoires d'OMER Talon, t. V, p. 240 et suiv.

l'emmenait se rompit près du Palais; on en prit un autre à l'instant dans la rue et le conseiller fut rapidement conduit à Saint-Germain pendant que le président Poitier de Blancmesnil était envoyé à Vincennes. Quant au président Charon, il parvint à s'évader. Les conseillers Laisné, Loysel et Benoit reçurent des lettres de cachet pour se retirer à Provins, Mantes et Compiègne1.

Ces nouvelles se répandirent rapidement dans Paris; il y eut d'abord un moment de stupeur, puis on ferma les boutiques, on courut aux armes et l'émeute éclata de toutes parts. Le premier président Mole se rendit auprès de Mazarin et lui déclara que le seul moyen de prévenir la guerre civile était de rendre la liberté aux prisonniers. Mais le cardinal ne tint aucun compte de ce conseil ; on lui disait de divers côtés qu'il s'agissait d'une simple échauffourée sans importance. Sur les cinq heures, le premier président fut appelé auprès de la reine; il lui donna le même conseil qu'au cardinal, mais sans plus de succès. La reine et son entourage ne croyaient pas non plus à une émeute sérieuse. Elle déclara même au premier président que le chancelier se rendrait le lendemain au Parlement pour interdire les assemblées. Mais lorsque le chancelier sortit pour remplir cette mission, le peuple l'accabla de menaces et se préparait à lui faire un mauvais parti. Le lieutenant du grand prévôt qui l'accompagnait fut mis en pièces et les Suisses de la garde durent intervenir pour dégager le chancelier ; ils y perdirent même quelques hommes, mais le chancelier put se réfugier chez le duc de Luynes2. La reine ayant envoyé une compagnie des gardes pour le délivrer, le peuple reçut les soldats à coups de pierre ; ceux-ci tirèrent et tuèrent ou blessèrent

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