Mémoires d'ÛMER Talon, t. V, p
combien il était impuissant et inhabile à traiter les questions d'État avec la procédure lente et compliquée des remontrances. Les 5, 19 et 22 août, le Parlement discuta et arrêta le texte de ces remontrances. Le 1er septembre, il s'occupa des rentes sur l'Hôtel de Ville ; le 2, les déclarations des commissaires Broussel et Ferrand qui auraient dû être prêtes, ne l'étaient pas encore. Néanmoins le 5 le Parlement présenta ses remontrances à la reine. Le premier président lui parla, dit Omer Talon, avec grande suffisance et grande civilité1. Après l'avoir remerciée de l'oubli de ce qui s'était passé dans la ville, il lui expliqua plusieurs chefs des remontrances, notamment ceux qui avaient pour objet d'assurer le paiement des gages des officiers et de remettre au peuple un quart de la taille. La reine dit au premier président de se retirer au bout de la galerie et d'attendre sa réponse. Elle conféra, en effet, surle-champ avec le duc d'Orléans, le cardinal Mazarin, M. de Longueville, le chancelier et M. de Chavigny. Puis le chancelier alla trouver les membres du Parlement et leur dit que la reine accordait tout ce qu'on lui demandait ; elle espérait que les vacances allaient disperser les membres du Parlement et ramener enfin partout le calme. Le lendemain en effet, 4 septembre, l'affaire des rentes fut achevée. Néanmoins le 5, la cour étant assemblée, les Enquêtes demandèrent la continuation du Parlement. Le premier président fit venir les gens du roi pour leur rappeler ce qui avait été convenu devant la reine : que les délibérations seraient suspendues jusqu'au lendemain de la Saint-Martin et que jusqu'au 7 septembre le Parlement ne travaillerait qu'au règlement des rentes sur la ville et à la confection de la pancarte. C'est ce que le premier président rappela aussi aux chambres assemblées. Ces