Mémoires, t. V, p
observations furent accueillies par une clameur confuse. De toutes parts on déclarait que le Parlement s'était, à plusieurs reprises, continué de lui-môme. Il n'avait donc pas besoin du consentement de la reine pour retarder ses vacances etil pouvait, môme contre la volonté de la reine, continuer à siéger» Néanmoins les gens du roi furent chargés d'aller trouver la reine pour lui demander une prorogation. Le chancelier répondit que la reine, ne doutant pas de la sincérité des actions de la compagnie et de la nécessité de déterminer les droits qui doivent être maintenus et ceux qui doivent être supprimés, accorde une prorogation de quinze jours; mais le chancelier eut soin d'ajouter que le Parlement devait se presser pour en finir et en même temps veiller au maintien de l'ordre public. Le chancelier fit savoir au Parlement que Paris était envahi par un grand nombre de gens de mauvaise vie, la plupart vagabonds, venus de la Franche-Comté, des Ardennes et de la Lorraine pour entretenir l'agitation et soulever une sédition. On faisait circuler dans le peuple les bruits les plus absurdes. « Mais, ajoutait le chancelier, la reine qui s'est résolue de confier la personne du roi à la bienveillance et à l'affection publique de la ville de Paris, après en avoir donné les assurances au prévôt des marchands et aux notables bourgeois, vous recommande, messieurs, la tranquillité publique de la ville et vous prie d'en avoir soin ; vous y êtes intéressés pour le service du roi et votre conservation domestique1 ». Le Parlement s'empressa d'enregistrer les lettres de prorogation, mais le premier président ne mit pas en délibération les mesures à prendre pour assurer la tranquillité dans Paris et il se borna à dire qu'il manderait le lieutenant civil pour l'entretenir de cette question. Suivant