Mémoires cTOmer Talon, t. V, p
Omer Talon, le Parlement tenait avant tout à ménager sa popularité et, s'il avait pris des mesures de police, il aurait mécontenté le peuple en donnant des preuves de dévouement à la reine1. Omer Talon s'indigne d'ailleurs de cette attitude du Parlement qui mènera à l'anarchie en favorisant la désobéissance des sujets.
Il est certain qu'à la ville comme au Parlement l'agi- Agitation tation croissait sans cesse au lieu de s'éteindre. Partout §enera eon sentait que des actes graves se préparaient, et on essayait d'établir des responsabilités pour l'avenir en remontant au passé. On était d'accord pour accuser le cardinal Mazarin d'être la cause des derniers événements, et il est certain que la régente, malgré son vif désir tout maternel de garder et transmettre l'autorité royale absolue à son fils, s'en remettait complètement, pour la direction des affaires, au cardinal, soit qu'elle fût naturellement indolente, soit qu'elle eût peu d'enclin pour les questions d'État. De leur côté, le ministère et la cour reprochaient, non sans raison, au Parlement ses lenteurs, ses remontrances interminables, son mauvais vouloir et son agitation. On en voulait surtout à Châteauneuf qu'on accusait d'avoir pris une large part aux derniers troubles, et d'en préparer de nouveaux en continuant à semer l'esprit de révolte parmi les jeunes conseillers des Enquêtes et des Requêtes. La reine et les ministres s'indignaient à la pensée que ces troubles avaient compromis les effets qu'aurait dû produire la victoire remportée à Lens par le prince de Gondé. Quant au peuple de Paris, il continuait, comme la reine l'avait fait dire au Parlement, à être fort irrité et se préparait à une nouvelle sédition. Pouvait-on avoir confiance dans le Parlement pour le contenir ou le