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réprimer? L'avocat général Talon, mêlé à toutes les affaires de ce temps, fait remonter la cause des troubles jusqu'à Richelieu. Il l'accuse d'avoir ruiné la France en corrompant à prix d'argent les grands du royaume qu'il ne fit pas exécuter. « Pendant le règne de Louis XIII, dit-il, il s'est levé plus d'argent sur le peuple qu'il n'en avait été fait depuis l'établissement de la monarchie1 ». Pour le temps présent, quels sont les coupables? Talon s'en prend d'abord à la reine qui, tout en condamnant la politique de Richelieu, recourut au même procédé et vida les caisses du Trésor pour satisfaire tout le monde. Elle rétablit dans leurs charges ceux qui en avaient été privés par Richelieu, et elle y laissa ceux qui les possédaient. Talon reproche à d'Émery ses prodigalités, ce qui obligea à augmenter les tailles, à créer de nouveaux impôts et à diminuer les gages. Ceux du Parlement et des autres officiers furent réduits d'un tiers, ceux des élus, des trésoriers de France, des grainetiers, des présidiaux, furent presque supprimés. On comprend sans peine à quel point ces officiers étaient irrités contre la couronne. Mais ce qui mit le comble à cette exaspération, ce fut l'idée de création de douze nouveaux maîtres des Requêtes. Tout le corps des maîtres des Requêtes se souleva pour empêcher l'exécution de cette mesure, et comme ces officiers avaient de nombreux parents et amis dans le Parlement, il leur fut facile d'obtenir secours.
C'est à partir de ce moment que le Parlement émit une prétention, toute nouvelle et jusqu'alors inconnue, celle d'examiner même les édits que le roi avait fait vérifier en sa présence. D'Émery comprit qu'il fallait calmer le Parlement et le dispensa du droit annuel, sans aucune indemnité, tandis que les autres cours souveraines devaient
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renoncer à quatre années de leurs gages. Cette mesure mit pourtant le comble au mécontentement.
Le Parlement fît cause commune avec le Grand Conseil, la Chambre des comptes, la Cour des aides et les maîtres des Requêtes. Il prétendait travailler en commun à la réforme de l'État et à l'économie des finances; parla il se rendait populaire, mais il compromettait l'autorité royale. On ne tarda pas à s'en apercevoir : « La personne du roi, dit Talon, a continué à être honorée, à cause de l'innocence de son âge; mais celle de la reine a reçu toutes sortes d'opprobres et d'indignités; le peuple s'est donné la liberté d'en parler avec insolence et sans retenue1. » Le duc d'Orléans aurait pu exercer une influence considérable ; mais toujours faible, il suivait les conseils de son ministre M. de la Rivière, lequel, désirant être cardinal, était à la remorque de Mazarin. Aussi le duc d'Orléans n'avait-il aucune influence. Le prince de Condé était populaire par la victoire de Lens, mais on accusait ses mœurs et sa conduite dans l'armée. Le plus détesté, c'était encore le cardinal Mazarin. On continuait à le considérer comme un étranger; on lui reprochait d'avoir refusé la paix malgré les conditions avantageuses qui lui étaient offertes, d'avoir emporté en Italie tout l'argent du royaume, de tromper tout le monde dans les négociations d'affaires quelconques, ce qui le faisait mépriser dans le Parlement et haïr dans le peuple. Le chancelier avait la réputation d'un avare et celle d'un homme sans caractère, qui ne savait pas résister aux mesures oppressives dirigées contre le peuple. Le premier président avait bien compris le rôle que lui attribuaient ses fonctions de médiateur entre la reine et sa compagnie. Mais dans les moments d'agitation, ceux qui prennent ce parti sont honnis de tous. Au