‹ Le parlement de ParisChapitre 134 sur 238 · Mémoires (TOmer Talon, t. V, p · texte numérisé non relu

Mémoires (TOmer Talon, t. V, p

arrestations politiques et l'affaire s'envenima à ce point qu'on put craindre un instant que la conférence allait être rompue. Mais le prince de Condé et surtout le duc d'Orléans intervinrent encore une fois et négocièrent auprès de la reine pour obtenir un accommodement. Ils firent comprendre que c'était surtout le cardinal Mazarin qui tenait à ce droit arbitraire et empêchait la reine de céder. N'était-ce pas là, en effet, l'intérêt d'un favori, « lequel, pour empêcher les cabales qui se peuvent faire contre sa personne, se sert de l'autorité de son maître pour faire estimer criminels ceux qui envient sa fortune et qui travaillent à lui rendre de mauvais offices1 ». La reine, les princes et Mazarin finirent par céder et à la cinquième conférence qui se tint le 4 octobre le chancelier annonça que la reine accordait les points suivants : aucun officier ne pourra être privé de sa charge par lettres de cachet ; toutes les fois qu'un officier d'une compagnie souveraine sera arrêté, on le rendra à ses juges naturels dans les vingt-quatre heures. S'il s'agit d'un autre sujet du roi, arrêté par commandement du roi, son procès ne pourra aussi être fait que par ses juges naturels auxquels il sera rendu sur-le-champ, à moins qu'il ne faille rechercher des preuves contre lui, auquel cas le roi pourra le garder en prison pendant six mois, mais sans jamais dépasser ce terme.

Le chancelier ajoutait que la reine n'accordait ces articles qu'à la condition qu'ils seraient signés par les princes et par le chancelier; que les princes promettraient de soutenir l'autorité royale, que le Parlement renoncerait à ses assemblées. La conférence traita ensuite plusieurs questions financières relatives notamment au droit de sceau, aux lettres de répit, à la remise de la taille, aux

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