‹ Le parlement de ParisChapitre 136 sur 238 · Mémoires de Mathieu Mole, t. III, p. 286 à · texte numérisé non relu

Mémoires de Mathieu Mole, t. III, p. 286 à

du Parlement ne s'était pas arrêtée. Cependant cette année judiciaire se terminait bien : les exilés et les prisonniers avaient recouvré leur liberté ; la reine, à la demande du Parlement, augmentait la remise de la taille en la portant d'un sixième à un cinquième * ; le roi était rentré dans sa capitale s ; la France signait le glorieux traité de Munster. Mais ce qu'on appréciait le plus dans le peuple, dans la bourgeoisie et parmi les gens de robe, c'étaient les garanties obtenues en matière d'impôt. Les abus remontaient à une trentaine d'années. Depuis ce temps les charges n'avaient jamais cessé décroître. Pendant plusieurs années on ne s'était pas plaint : le peuple pouvait payer les taxes, parce que la France était florissante et que les charges n'étaient pas trop lourdes; la multiplication des offices avait eu l'avantage de procurer des emplois à ceux qui en cherchaient. Mais malheureusement l'habitude du cardinal Richelieu de faire des gratifications considérables à ses créatures pour en augmenter le nombre et l'attachement s'était transmise à son successeur Mazarin et à la régente. En outre les dépenses de la guerre étaient énormes. Pour faire face à ces charges multiples, il avait fallu établir de nouvelles taxes, créer des offices, retrancher sur les rentes, enlever aux compagnies souverainesle quart de leurs gages, aux présidiaux, aux trésoriers de France, aux officiers comptables, presque tous leurs profits et malgré cela les gens de guerre n'étaient pas payés. Le commerce était dans le marasme et à Paris on ne vivait que par les prêts qu'on consentait au roi moyennant un intérêt fort élevé. Aussi lorsque le Parlement voulut porter remède à ces désordres et obtenir qu'à l'avenir aucune taxe ne pourrait être levée si elle ne résultait d'un édit vérifié en Parlement, celui-ci devint rapidement populaire, tandis

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