Mémoires cTOmer Talon, t. V, p
que le ministère et la reine furent de plus en plus exécrés ' .
Le Parlement ne rentra que le 12 novembre. A Tau- ®"e™d°nnat,re dience solennelle le premier président prononça, sur la paix générale, un discours qui fut fort admiré et qui est bien dans le style du temps *. La guerre allait recommencer à l'intérieur plus violente que jamais. Toutes les haines s'étaient maintenant concentrées contre le cardinal. Tous les jours on affichait contre lui d'odieux placards; il était aussi haï que méprisé. On fit circuler dans Paris une pièce fausse sous forme d'une requête des trois états du gouvernement de l'Ile de France contre le cardinal Mazarin. Ces trois états et les bourgeois de la ville, qui se portaient forts de l'assentiment des treize provinces, demandaient au Parlement d'adresser des remontrances à la reine sur les désordres de l'État pour obtenir l'expulsion du cardinal Mazarin. L'imprimeur fut sans doute condamné à l'amende honorable et au bannissement, mais la requête n'en produisit pas moins le même effet que si elle avait été authentique \ Gaston d'Orléans lui-même, ordinairement si modéré, commençait à demander, à son tour, qu'on appliquât l'arrêt de 1617 qui excluait les étrangers du gouvernement du royaume.
De tous les ennemis de Mazarin, le plus dangereux et le plus redoutable était le coadjuteur de Paris. Il plaisait à tous, aussi bien par le cœur que par l'esprit, disent ses contemporains. Il jouissait dans la ville d'une immense popularité ; son caractère lui attirait la vénération du peuple. Il avait pourtant l'âme pleine de vengeance et