‹ Le parlement de ParisChapitre 140 sur 238 · Mémoires cTOmer Talon, t. V, p. 460 et suiv · texte numérisé non relu

Mémoires cTOmer Talon, t. V, p. 460 et suiv

à donner la liberté au peuple qu'à devenir son principal protecteur et par conséquent son maître. Il pouvait limiter l'autorité royale dans des textes de loi, il n'avait pas la force nécessaire pour la contenir. Le cardinal et les autres ministres le savaient bien ; ils résolurent de recourir encore une fois à la force pour en finir avec la résistance du Parlement et des Parisiens. Il ne s'agissait rien moins que de bloquer la capitale.

Le roi quitte Le 6 janvier, jour des Rois, le roi quitta Paris dès quatre heures du matin, avec la reine sa mère, les princes du sang, le cardinal Mazarin et alla s'établira Saint-Germain. La fuite avait été si précipitée et l'arrivée si inattendue que l'installation de la cour laissa beaucoup à désirer pendant un ou deux jours. La reine s'empressa d'écrire à Messieurs de la ville « qu'elle avait été forcée de fuir pour ne pas demeurer exposée au pernicieux projet des officiers du Parlement de Paris qui étaient d'intelligence avec les ennemis de l'Etat et s'étaient portés jusqu'à conspirer de se saisir de sa personne1 ».

Le 6 et le 7 janvier, on publia la déclaration du roi relative à sa sortie de Paris avec l'arrêt du Conseil d'Etat portant cassation de celui du Parlement sur le logement des troupes *. A Paris le peuple accusait le cardinal d'être la cause de ces nouveaux malheurs. Il fermait les portes de la ville, arrêtait ceux qui voulaient sortir et pillait leurs bagages3. Au Parlement l'émotion fut vive. Le premier président, toujours calme, comprit et déclara que le salut était dans la continuation de l'union entre le Parle-

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