‹ Le parlement de ParisChapitre 142 sur 238 · Mémoires de Goulas, t. III, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Goulas, t. III, p

vêque, le coadjuteur, messieurs du Chûtelet, le prévôt des marchands et les échevins, le corps des marchands seront conviés pour aviser au moyen de garantir la ville de la famine en cas de siège.

C'est qu'en effet les gens du roi envoyés à Saint- Germain y avaient été fort mal reçus, ou pour mieux dire la cour avait refusé de les recevoir. Leur voyage fut toute une odyssée. Arrivés au Pecq, ils rencontrent un maître d'hôtel de la reine qui leur signifie que la reine ne veut pas les recevoir comme députés du Parlement. Ils lui répondent qu'ils n'acceptent d'ordres que du chancelier. Le maître d'hôtel ayant rapporté cette réponse, il fut cette fois renvoyé par le chancelier auprès des gens du roi pour leur dire que le chancelier ne veut pas les voir. Les gens du roi prient alors le maître d'hôtel de s'adresser à la reine, de lui dire qu'ils sont réunis pour adresser à la reine des paroles d'honneur, qu'il est neuf heures du soir et qu'ils sont exposés aux injures du temps qui est affreux. La reine leur fait savoir qu'elle consent à ce qu'ils se mettent à couvert dans le bourg de Saint-Germain et qu'ils y attendent ses ordres. Le chancelier finit par les recevoir, leur déclare qu'il ne veut pas les entendre, mais il leur remet pour le Parlement les lettres patentes de translation à Montargis et leur marque tout le mécontentement de la reine1. Ils revinrent à Paris avec la conviction que Mazarin voulait pousser les choses à l'extrémité, bloquer et affamer Paris. Aussi le lendemain, 8 janvier, le Parlement rendit cet arrêt resté célèbre dans l'histoire par lequel il déclare que des remontrances écrites seront adressées au roi et à la régente, « que le cardinal Mazarin est notoirement l'auteur de tous les désordres de l'État et du mal présent, perturbateur du repos public, ennemi du

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