‹ Le parlement de ParisChapitre 147 sur 238 · Mémoires de Mathieu Mole, l. III, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Mathieu Mole, l. III, p

pour l'avenir '. « Le Grand Conseil qui avait résolu d'abord d'obéir aux ordres du roi et de se retirer à Nantes, voyant les autres compagnies en si bonne humeur et si beau train, changea de dessein et envoya offrir au Parlement de payer trois fois la taxe qu'il avait accordée autrefois pour le recouvrement de Corbie2. »

Le 18 janvier, le Parlement de Paris écrivit aux parlements de province pour leur faire part du blocus de la capitale et de l'arrêt qui déclarait Mazarin perturbateur du repos public; il demandait leur assistance3. En Normandie M. de Longueville travailla si bien pour le Parlement, qu'il détacha cette province de la cause du roi. La Normandie refusa de recevoir le comte d'Harcourt que le roi lui avait envoyé comme gouverneur. Le parlement de Rouen, qui se plaignait depuis longtemps d'être semestre, fit cause commune avec celui de Paris. C'est en vain que le roi, pour empêcher cette jonction, avait supprimé ce semestre. La Bourgogne suit l'exemple de la Normandie et se déclare pour Paris. Le parlement de Bretagne défend toute levée et empêche l'envoyé du roi, M. de Rohan, d'exécuter les ordres qu'il a reçus. Dijon chasse son premier président. La Provence se saisit de son gouverneur ; Marseille arrête le duc de Richelieu, général des galères. Le parlement de Provence envoie des députés à Paris pour demander justice à la Grand'Chambre des violences qui lui ont été faites et pour proposer la jonction4.

La fortune du Parlement paraissait être à son apogée et la cause de la royauté absolue fort compromise. La reine et ses partisans s'étaient imaginé qu'en répandant la terreur dans Paris, le peuple se prononcerait contre le Par-

1. Ce prélat siégea pour la première fois le 21 janvier. Mémoires de Mathieu Mole, t. III, p. 557.

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