‹ Le parlement de ParisChapitre 148 sur 238 · Mémoires de Goulas, t. III, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Goulas, t. III, p

lement qui perdrait sa popularité ; c'était le contraire qui était arrivé. Aussi Talon se demande-t-il avec anxiété ce qui va suivre. Il a confiance dans le gouvernement, mais regrette qu'on n'ait pas agi avec plus d'énergie1. Il ne lui fallut pas longtemps pour constater que la royauté ne tarderait pas à profiter d'autres événements. Les choses allaient mal à Paris. Pour soutenir un siège, le Parlement avait besoin d'une armée et de généraux. Il avait sans doute levé cette armée et avait même trouvé des généraux qui s'étaient mis spontanément à son service, le prince de Conti, le duc de Longueville, M. de Marsillac, le duc d'Elbœuf, les ducs de Bedfort, de Bouillon, de Chevreuse, de Luynes, de Brissac.

La Fronde Une assemblée de l'Hôtel de Ville avait donné le com-

mandement en chef au duc d'Elbœuf; les généraux de la Ligue avaient même signé un traité d'union par lequel ils promettaient de faire tout ce qui serait nécessaire pour l'exécution de l'arrêt du Parlement qui déclarait Mazarin perturbateur du repos public et pour empêcher les violences qui se préparaient contre le Parlement et la ville ; ils s'engageaient aussi à n'accepter aucune condition que de l'avis du Parlement2. Mais par cela même que la noblesse entrait en scène à côté du Parlement, la Fronde allait cesser d'être parlementaire. Sans doute le Parlement nomma le prince de Conti généralissime et lui donna pour lieutenants le duc d'Elbœuf, le duc de Bouillon et le maréchal de la Mothe. Sans doute le Parlement était représenté au conseil de guerre par un de ses présidents3. Cette noblesse de la Ligue entendait bien exercer son influence et songeait plus à son intérêt égoïste qu'à celui de l'État. Elle

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