‹ Le parlement de ParisChapitre 150 sur 238 · Mémoires cTOmer Talon, t. VI, p · texte numérisé non relu

Mémoires cTOmer Talon, t. VI, p

5. Mémoires (I'Omer Talon, t. VI, p. 29; Mémoires de Mathieu Mole, t. III, p. 540.

maisons et sur les riches, prenait toutes les mesures nécessaires pour assurer leur levée et veillait à la subsistance des troupes. Une autre chambre était établie pour accorder ou refuser les passeports à ceux qui demandaient à sortir de Paris; elle était composée de douze conseillers de la Grand'Chambre et des Enquêtes. Il y avait aussi une chambre des dépêches qui ouvrait toutes les lettres et paquets et, au dire d'Omer Talon, elle était composée des magistrats les plus intelligents du Parlement. Enfin tous les jours, le matin, les chambres s'assemblaient pour les affaires publiques. C'est dans ces réunions que le Parlement recevait les princes, les généraux et autres partisans de la Fronde1. Bref le Parlement était converti en un sénat politique où l'on traitait toutes les affaires, sauf celles de la justice. On ne doutait plus en province que le Parlement ne fût devenu un véritable souverain; aussi les parlements d'Aix et de Rouen, mécontents d'avoir été rendus semestres, n'hésitèrent pas à envoyer des députés au Parlement de Paris pour faire leur jonction avec lui et en obtenir la révocation du semestre. Le Parlement de Paris accepta la jonction, mais ne consentit à aucun prix à la révocation du semestre. Il voulait bien adresser des remontrances au roi sur cette création nouvelle et sur la multiplication des officiers, mais il ne se reconnaissait pas le pouvoir de modifier ce qui s'était fait dans une autre province, hors du ressort du Parlement et par l'autorité du roi2. Le fait vaut la peine d'être relevé, car il montre qu'en tous temps, même à l'époque de sa toute-puissance, le Parlement entendait reconnaître l'autorité du roi et ne s'élevait que contre les abus qu'elle pouvait se permettre.

Il en donna bientôt une nouvelle preuve en même temps

Page 1