‹ Le parlement de ParisChapitre 152 sur 238 · Isambert, t. XVII, p · texte numérisé non relu

Isambert, t. XVII, p

ce qu'ils voulaient. Serin, conseiller de la Grand" Chambre, apostropha directement Broussel : il ne lui appartenait pas de prendre des décisions ni de faire la loi ; chacun a le devoir de dire son sentiment et les gens d'honneur sont las de suivre ceux qui veulent recourir à la violence. Broussel n'osa rien répondre. Le conseiller Godard s'en prit aux jeunes gens et leur intima l'ordre de cesser leurs clameurs, qui étaient contraires à l'honneur de la Cour et à la bienséance publique. Le il février, la proposition de nouvelles remontrances fut reprise par le conseiller Brillac et ne rencontra qu'une faible opposition. La minorité continuait à demander le retrait du cardinal et l'ouverture des passages. Le Parlement était las de la guerre. Les défaites des troupes de la Fronde et le blocus de plus en plus sérieux commençaient à inquiéter Paris. De nouveaux subsides étaient nécessaires pour continuer la résistance et ceux qui avaient souscrit au début avec élan et générosité, finissaient par se lasser de donner. Le Parlement se résigna à rendre un arrêté imposant à chacun de ses membres une souscription égale à celle qui avait été faite lors de la paix de Corbie par les Espagnols, soit la somme de 225 livres par tête. Mais cet arrêté ne fut obtenu qu'avec beaucoup de peine, multis reclamantibus, comme dit Omer Talon1. Enfin les mesures prises successivement par la royauté contre le Parlement commençaient à ébranler les timides et les modérés. La déclaration lue dans Paris le 25 janvier, portant que les princes, ducs, seigneurs et leurs adhérents qui avaient pris les armes seraient criminels de lèse-majesté s'ils ne rentraient pas dans le devoir sous trois jours, une autre annulant tous les actes du Parlement passés depuis le 6 janvier, une dernière du 5 février accordant six jours

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