‹ Le parlement de ParisChapitre 153 sur 238 · Mémoires (I'Omep. Talon, t. VI, p · texte numérisé non relu

Mémoires (I'Omep. Talon, t. VI, p

aux habitants de Paris pour rentrer dans le devoir, prouvaient au Parlement que le gouvernement ne se laissait pas intimider1. Sans doute le Parlement avait répondu par un arrêt qui validait tous les actes passés à Paris depuis le 6 janvier, mais c'était là une vaine protestation2. Les plus hardis partisans de la Fronde dans le Parlement étaient bien obligés de reconnaître qu'ils n'étaient plus les seuls maîtres de la situation. Lorsque l'avocat général Talon avait proposé de nouvelles remontrances à la reine pour lui rappeler « que les armes qui avaient été prises étaient légitimes parce qu'elles étaient nécessaires et que la défense de la vie et la conservation des enfants est du droit de nature qui n'a jamais été improuvé ni par la loi de Dieu ni par la loi des hommes, que la ville de Paris était sur la défensive et ne faisait la guerre que pour avoir la paix et du pain3 », il était bien l'interprète des sentiments de la majorité. Broussel avait sans doute combattu cette proposition, sous prétexte qu'elle engageait les négociations pour la paix et qu'elle ne pouvait pas être votée en l'absence des généraux de la Fronde. Mais n'était-ce pas aussi reconnaître que le pouvoir échappait au Parlement? Aussi ces objections n'eurent d'autre résultat que de confirmer la majorité du Parlement dans la conviction qu'un rapprochement s'imposait.

A Saint-Germain, la reine et le ministère, tout en se Désirs de paix, rendant un compte exact de leurs forces, désiraient non moins vivement la fin des troubles. On comprenait que la situation restait très grave malgré les avantages remportés par les troupes royales : Paris n'était plus sous l'autorité

1. Isambert, t. XVII, p. 155; Mémoires de Mathieu Mole. t. III, p. 359 et 542; Mémoires de Goulas, t. III, p. 17, 19, 25.

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