Isambert, t. XVII, p
5, Mémoires d'OMER Talon, t. VI, p. 55.
du roi ; l'agitation augmentait et se répandait rapidement dans les provinces. A Saint-Germain comme à Paris, on désirait donc sincèrement la paix. Il fallait toutefois trouver le moyen d'amener l'un des deux partis à faire la première démarche sans s'humilier. Au Conseil du roi on fut d'avis d'inviter le Parlement à s'y résoudre. La reine enverrait à Paris un héraut d'armes porteur de trois lettres, la première pour le prince de Conti, la seconde pour le Parlement, la troisième pour la Ville. Le 12 février en effet, la Cour dépêcha ce héraut. Le Parlement refusa de l'entendre, sous prétexte que les hérauts ne s'envoient qu'à des souverains ou à des ennemis et que le Parlement n'était ni l'un ni l'autre vis-à-vis du roi. Ce fut le bonhomme Broussel qui présenta cette observation. Mais le cardinal de Retz s'attribue le mérite de la lui avoir suggérée. Quoi qu'il en soit, le héraut dressa procès-verbal de ce refus et se retira. Goulas paraît bien croire que tout cela fut une simple comédie destinée à ouvrir un arrangement. Ce qui est certain, c'est qu'en effet le Parlement décida tout de suite dedéputer auprès de la reine, pour lui expliquer les motifs de son refus, et cette démarche fut considérée comme un acheminement vers la paix1. Elle fut bien accueillie à Paris2. Les avocats généraux Talon et Bignon se rendirent immédiatement à Saint-Germain où ils reçurent un accueil favorable. La reine leur déclara même qu'elle n'avait jamais douté de la fidélité du Parle-
1. Le héraut ne parvint même pas à entrer dans la ville; il éprouva quatre refus successifs, les trois premiers du Parlement, le quatrième des échevins. Il se borna alors, en présence des soldats du corps de garde et du peuple attroupé, à laisser ses dépêches à la barrière, tout en chargeant deux inconnus d'observer son paquet qui ne tarda pas à être pris par les soldats. Voy., sur cette affaire, Mémoires de Mathieu Mole, t. III, p. 545 à 348; Mémoires du cardinal de Retz, t. II, p. 226; Mémoires de Goulas, t. III, p. 51; Mémoires d'OMER Talon, t. VI, p. 47.