‹ Le parlement de ParisChapitre 156 sur 238 · Mémoires du cardinal de Retz, t. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires du cardinal de Retz, t. I, p

2. Mémoires de Goulas, t. III, p. 35; Mémoires du cardinal de Retz, t. I, p. 357 et 559; Journal de d'Ormesson, t. I, p. 675; Mémoires d'OMER Talon, t. VI, p. 52 et suiv.

Ce fut cependant l'arrêt rendu à cette occasion qui servit à ouvrir les négociations. Le Parlement décida, en effet, d'envoyer une députation auprès de la reine pour porter l'arrêt à sa connaissance et lui demander en même temps de retirer les troupes qui assiégeaient Paris. Mais dans ce temps d'étiquette et de formalisme, on était à chaque instant arrêté par des difficultés puériles. Les gens du roi ayant envoyé un courrier au chancelier pour obtenir des passeports, celui-ci leur répondit favorablement et sans leur donner aucune qualité. De même les passeports contenaient bien les noms des députés du Parlement, mais sans les qualifier de présidents ou conseillers. Le Parlement décida que ces députés ne devraient pas se servir de leurs passeports et accepteraient seulement l'escorte qui leur était offerte pour les accompagner1. Le 24 février, les députés du Parlement partent dans sept carrosses à six chevaux bien qu'ils ne fussent que treize en tout. Ils furent escortés jusqu'à la porte Saint-Honoré par les archers de la ville2.

Parmi eux se trouvaient le premier président Mole et le président de Mesmes. La reine les reçut le lendemain à Saint-Germain. Dans ses remontrances, le premier président la supplia de supprimer tout ce qui avait été commandé depuis le 6 janvier; il se plaignit de l'enlèvement du roi et du blocus de Paris qui auraient pu amener la ruine de la royauté sans la vigilance du Parlement3. « Les souverains, dit-il, par l'empire qu'ils exercent sur les autres mortels, n'ont pas le droit de réduire les villes en un sac et d'en perdre les habitants sans juste cause et légitimement déclarée. Cette puissance armée qui leur est

i. Omer Talon dans ses Mémoires, t. VI, p. 01, rend compte de ce voyage pendant lequel les membres du Parlement reçurent les marques de la plus haute considération.

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