‹ Le parlement de ParisChapitre 16 sur 238 · Isambert, t. XIII, p · texte numérisé non relu

Isambert, t. XIII, p

morency, ajoutant que s'il était obligé de quitter le royaume, il confierait la régence à la reine1. Il n'était pas possible de mettre plus directement le Parlement en contact avec les affaires politiques ; aussi ne tarda-t-il pas à se permettre des observations d'une nature telle qu'il n'en avait pas encore présentées.

Les frais de la guerre et les prodigalités du roi avaient amené la création d'un grand nombre d'offices mis aux enchères, et le Parlement avait même été rendu semestriel. L'émotion fut tout à fait extraordinaire lorsqu'on apprit que parmi les prodigalités du roi se trouvait la donation de la seigneurie de Gannat à un certain Lamber, joueur de violon, en considération de son mariage avec une simple demoiselle qui ne méritait pas plus que lui une pareille faveur. Le Parlement fît des remontrances; il y était dit notamment « que le roi n'était qu'un usufruitier du domaine de la couronne et que s'il ne pouvait se dispenser d'accorder des grâces à ceux qui les avaient méritées par des services réels rendus à l'État, il devait se borner à la durée de son règne ». Henri II écouta, suivant sa nature et son habitude, ces remontrances avec calme et patience. Jamais, en effet, il ne lui arriva de s'emporter contre son Parlement, comme le firent d'autres princes avant et après lui ; mais d'un autre côté il ne tenait aucun compte de ses observations et elles restaient sans effet.

Les folles dépenses de la cour et la guerre avec l'Es- L'État de justice

aux généraux.

pagne exigeant de nouveaux sacrifices, Henri II imagina États au

de réunir des États généraux pour obtenir des subsides, et il se permit à cette occasion une innovation remarquable qui, si elle avait servi de précédent dans la suite, aurait donné au Parlement un rôle politique tout nouveau. Le

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