‹ Le parlement de ParisChapitre 161 sur 238 · Mémoires de Mathieu Mole, t. III, p. 444 et · texte numérisé non relu

Mémoires de Mathieu Mole, t. III, p. 444 et

5. Mais dans le texte définitif du traité il fut admis que le parlement de Rouen, comme aussi celui de Provence, cesserait d'être semestre. Voy. Isambert, t. XVII, p. 161.

ses créatures. Le duc de Beaufort et le duc de Bouillon réclamaient des indemnités considérables. Le duc de Bouillon demandait l'exécution du traité qu'il avait fait avec le roi pour l'échange de Sedan ; pour son frère le maréchal de Turenne, il réclamait le gouvernement de Philippsbourg et celui de l'Alsace qu'il disait lui avoir été promis. Leduc de Beaufort voulait l'amirauté promise à M. de Vendôme, son père, à la mort de Louis XIII, plus le gouvernement de la Bretagne que le roi Henri IV lui avait donné par contrat de mariage et le remboursement de quelques fortifications. Le duc de la Trémoïlle réclamait le Roussillon et la Cerdagne promis à son trisaïeul par Louis XI, le titre et le rang de prince, la restitution des seigneuries d'Amboise, Montrichard et dépendances, du comté de Guines, de la baronnie de l'Isle-Bouchard « laquelle feu M. le cardinal de Richelieu, abusant de l'autorité du roi, l'a contraint de lui vendre à vil prix qu'il offre de restituer ». Il voulait aussi la place de Montbéliard. M. d'Elbeuf demandait le gouvernement de Montreuil et la survivance du gouvernement de Picardie. Le maréchal de la Mothe prétendait à la restitution de sommes considérables et au paiement de ses pensions depuis le jour de son emprisonnement. Il voulait aussi le gouvernement de Bellegarde et la jouissance du duché de Cardonne. Le duc de Luynes demandait la restitution de sa terre de Lesigny et le traitement des quatre années qui lui était dû de ses appointements de grand fauconnier; il exigeait aussi le retour de la duchesse de Chevreuse, sa mère. Le marquis de La Boulaye désirait la survivance de la charge de colonel des Cent Suisses, actuellement entre les mains de son beau-père. M. de Vitry postulait un tabouret pour sa femme et le marquis de Noirmoutiers demandait la même faveur. Le comte de Maure convoitait la charge de lieutenant du roi dans les Trois Évêchés, ainsi que le gourer-

nement de Verdun et demandait des lettres de revision du procès criminel fait à son oncle par des commissaires extraordinaires. M. de Longueville était en compétition avec M. de Beaufort pour l'amirauté de France. Mais il était disposé à se désister de cette prétention si on lui donnait le Havre de Grâce ou la survivance du gouvernement pour son fils avec le gouvernement du Pont-del'Arche1. Le prince de Conti et les généraux de la Fronde ajoutaient maintenant à leurs demandes primitives que Broussel serait maintenu dans le gouvernement de la Bastille ».

Les dernières prétentions du Parlement étaient moins nombreuses et plus modestes ; elles se ramenaient à quatre articles : le premier pour obtenir dispense d'assister au lit de justice; le second concernant les défenses de s'assembler; le troisième était relatif à l'abolition du prêt; le quatrième demandait qu'il fût sursis à la restitution de la Bastille3.

Mais pendant qu'on discutait à la conférence ces diverses questions, le prince de Conti en soulevait une autre bien plus irritante : le 27 mars, devant le Parlement, il se déclarait encore une fois prêt à renoncer à toutes ses prétentions, à la condition que le roi éloignerait le cardinal Mazarin, seule cause des maux de la France4. Le Parlement fit droit à cette demande, rendit arrêt en ce sens et envoya à ses députés mandat de réclamer le renvoi de Mazarin. Le premier président soumit cette proposition au duc d'Orléans et eut soin de lui présenter Mazarin comme l'objet de la haine publique. Gaston répondit à Mole

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