Mémoires de Mathieu Mole, t. III, p. 470 à
Chambre des comptes et quatre maîtres des Requêtes, et ceux de la Cour des aides demandèrent à assister à la séance. Ils en donnaient pour raison qu'il s'agissait d'une affaire intéressant la ville et toutes les compagnies, qu'ils avaient envoyé des députés à la première conférence et que s'ils n'avaient pas été convoqués à la seconde, c'était une raison de plus pour qu'on leur fasse la relation de ce qui avait eu lieu. Le premier président observa que dans la seconde conférence il n'avait plus été question ni de la ville, ni des compagnies, mais seulement des princes et des généraux, et que, pour ce motif, le Parlement avait seul envoyé des députés. D'ailleurs, le premier président ne faisait aucune objection à la présence des députés de la Chambre des comptes et de la Cour des aides; c'était au Parlement de trancher cette question. Mais au lieu de la poser, le premier président fit tout de suite la relation de ce qui avait eu lieu à la conférence et il n'y eut aucune difficulté entre les compagnies1. Le lendemain, 1er avril, il déposa au greffe les réponses du roi aux propositions des généraux. La déclaration du roi enregistrée, ce jour même, était un véritable traité de paix : ceux qui avaient pris part au mouvement étaient rétablis dans leurs honneurs, dignités, offices, biens, etc. Le roi promettait de payer toutes ses dettes ; la mémoire des événements accomplis depuis le 6 janvier devait être à jamais éteinte; tous les actes, traités relatifs au mouvement étaient annulés; les gens de guerre levés par le prince de Conti étaient licenciés; des charges étaient promises à certains seigneurs; le prince de Bouillon recevait une forte indemnité en échange de sa principauté de Sedan; le Parlement ne devait plus former aucune assemblée générale, si ce n'est pour les mercuriales et pour les réceptions