‹ Le parlement de ParisChapitre 165 sur 238 · Mémoires cTOmer Talon, t. VI, p · texte numérisé non relu

Mémoires cTOmer Talon, t. VI, p

saient de les recevoir1. A Paris même, la sécurité était loin de régner et la reine le savait bien. Dès le 6 avril, des députés du Parlement s'étaient rendus à Saint-Germain pour prier la régente de ramener le roi à Paris. La reine leur répondit qu'elle rentrerait à Paris avec le plus vif plaisir et aussitôt que les affaires le lui permettraient. Il s'écoula encore plusieurs mois avant qu'elle pût réaliser ce projet. Une lettre du roi, datée de Saint-Germain, 28 avril, el adressée à Mole, témoigne du désordre qui régnait dans la capitale. Le roi invite le premier président à veiller « à ce qu'il n'arrive aucune chose tant en ma bonne ville de Paris qu'aux lieux du ressort de ma cour, préjudiciable à mon service et qui puisse altérer le repos de mes sujets, ainsi que je me le promets de votre prudence et de votre affection accoutumées2 ».

L'agitation se propageait même dans les provinces. En Guyenne, il n'était plus possible de rendre la justice et le peuple arrachait des mains des archers les prisonniers pour dette ou pour crime. Le parlement de Provence était en guerre contre le gouverneur. Les États de Languedoc invoquaient d'anciens privilèges et prétendaient les rétablir. Le parlement de Toulouse avait sursis à l'exécution de l'édit deBéziers. Le parlement de Grenoble, pour satisfaire le peuple, avait chassé les gens de guerre de la province. A Paris même les personnes attachées à la cour étaient insultées3.

Ce fut seulement au mois d'août, le 18, que le roi rentra à Paris; il y fut reçu avec un enthousiasme indescriptible. Le lendemain Saintot vint prévenir le Parlement que le roi et la reine étaient disposés à le recevoir au Palais- Royal et qu'il serait le bienvenu. L'audience eut lieu le

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