‹ Le parlement de ParisChapitre 167 sur 238 · Mémoires de Mathieu Mole, t. IV, p. 58 à · texte numérisé non relu

Mémoires de Mathieu Mole, t. IV, p. 58 à

s'arrangeait avec eux. Aussi s'empressa-t-elle de faire venir par députation le Parlement de Paris pour lui annoncer que les affaires de Provence et de Guyenne étaient définitivement terminées, et pour lui rappeler la promesse qu'il avait faite de ne plus tenir d'assemblées générales jusqu'à la fin de l'année. Les députés étant revenus au Parlement, le premier président leur dit qu'afin d'éviter toute assemblée générale, il devait faire relation de leur entretien avec la reine en se rendant séparément dans les diverses chambres de la Cour. Les Enquêtes ne protestèrent pas contre ce procédé et se déclarèrent même satisfaites des explications. On avait eu soin d'ailleurs de leur rappeler que les présidents de Mesmes, Lecoigneux et de Nesmond avaient promis de ne plus tenir d'assemblée générale jusqu'à la fin de l'année1. Cependant toute méfiance n'avait pas disparu de leur part; aussi nommèrent-elles des députés chargés de surveiller pendant les vacances tout ce qui se passerait et de constater les infractions que la reine pourrait commettre. Mais le premier président ne consentit jamais à reconnaître ces commissaires d'un nouveau genre2. A la fin de l'année, les Enquêtes firent pour la première fois preuve d'une certaine sagesse. Le désordre était tel dans les provinces et la rentrée des impôts si difficile, que les surintendants proposèrent d'y envoyer des conseillers du Parlement à titre d'intendants de justice. La Grand'Chambre agréa ce projet et le consacra par un arrêt. Mais les officiers de la Cour des aides protestèrent et accusèrent le Parlement d'empiéter sur leur juridiction. Les Enquêtes se prononcèrent dans le même sens et firent très sagement remarquer que ces fonctions nouvelles, au lieu d'accroître la dignité des magistrats de la Cour, pourraient la diminuer ou même la

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