Mémoires d'OMER Talon, t. VII, p
2. Mémoires de Mathieu Mole, t. IV, p. 81 ; Mémoires de Goulas, t. III, p. 207, 208, 210.
3. Mémoires de Goulas, t. III, p. 217; Mémoires d'OMER Talon, t. VII, p. 118.
Provence avait repris les armes contre son gouverneur; le Poitou était partagé entre la Fronde et la Cour; la Guyenne pensait à de nouveaux mouvements. Malgré la lettre de cachet qui lui interdisait l'entrée de cette province, Madame la Princesse s'était rendue avec M. le duc d'Enghien son fils à Bordeaux où on leur avait fait une réception enthousiaste. Dès le lendemain de son arrivée, elle alla au parlement de Bordeaux, lui demanda sa protection et le pria d'intercéder auprès du roi pour obtenir la liberté de son mari. Après une délibération de cinq heures, le parlement de Bordeaux, faisant droit à la requête, arrêta que Madame la Princesse et M. le duc d'Enghien pourraient demeurer à Bordeaux sous le bon plaisir du roi et qu'il serait fait de très humbles remontrances à Sa Majesté pour que les princes prisonniers fussent renvoyés à leurs juges naturels1. Mazarin pensa que le meilleur moyen d'apaiser les troubles de la Guyenne serait d'y faire paraître le roi. Le 1er juillet, le Parlement de Paris fut appelé au Palais-Royal ; la régente lui annonça que le roi ayant résolu d'aller à Bordeaux pour rétablir la paix en Guyenne, elle confiait au Parlement la mission toute spéciale d'assurer la paix dans la capitale 2. De leur côté les frondeurs essayaient cependant d'amener le Parlement de Paris à faire cause commune avec le parlement de Bordeaux et la noblesse. Ainsi, dès le 6 juillet, il y eut assemblée des chambres à laquelle fut invité le duc d'Orléans. Il s'y rendit accompagné de M. de Beaufort et du coadjuteur. On y demanda trois choses : le rappel de M. d'Épernon, cause des désordres en Guyenne; la liberté des princes s'ils sont innocents ou leur procès par leurs juges naturels si on les croit coupables; le châtiment de