Mémoires de Goulas, t. III, p
2. Mémoires de Mathieu Mole, t. IV, p. 85; Isambert, t. XVII, p. 221.
Toulé, intendant de justice en Limousin, sous prétexte qu'il y commettait toutes sortes d'excès et de cruautés. Le duc d'Orléans rappela que le roi et la reine allaient se rendre en Guyenne avec des intentions pacifiques. Après deux jours de délibération, ce fut l'avis de Broussel qui l'emporta ; mais comme il n'était pas clair, on fut obligé de discuter de nouveau1. Le Parlement de Paris se décidait à appuyer le parlement de Bordeaux, mais seulement dans la mesure où il s'agissait de donner la paix à la province et, comme telle était l'intention de la Cour, il était visible qu'on arriverait à s'entendre, bien que le parlement de Bordeaux eût commis plusieurs fautes graves qui pouvaient faire éclater la guerre civile. C'est ainsi qu'il organisait la défense de la ville; il ordonnait à M. de la Force de repousser ce qu'il appelait l'attaque de M. le cardinal de Mazarin; il déclarait suspects plusieurs de ses membres ainsi qu'un certain nombre de bourgeois et les mettait en demeure de quitter la ville. Le Parlement de Paris, au contraire, mieux inspiré, travaillait sérieusement au rétablissement de la paix. Le parlement de Bordeaux avait envoyé un député à celui de Paris pour l'entretenir de ses affaires. L'avocat général Talon rappela au Parlement que les lettres, mémoires, avis des personnes suspectes ne doivent pas être ouverts par le Parlement, mais renvoyés au roi. Sans doute on avait eu raison de ne pas agir ainsi vis-à-vis du député du parlement de Bordeaux qui n'est pas personne suspecte, mais l'audition de ce député avait prouvé que le parlement de Bordeaux voulait soumettre à celui de Paris des questions d'État et que dès lors il y avait lieu d'envoyer un mémoire au roi. La Cour délibéra sur ces conclusions pendant deux séances entières, les 7 et 8 juillet, et on émit les proposi-