Isambert, t. XVII, p
Exil de Mazarin. Cet arrêt fut rendu le 9 février 1651 *. Mazarin l'avait prévu et ne l'avait pas attendu. Il avait déjà quitté Paris, mais seulement pour se rendre à Saint-Germain et après avoir eu soin, avant de s'en aller, de pourvoir aux charges vacantes. Aussi à la séance du 9 février, à laquelle assistait le duc d'Orléans, les gens du roi purent annoncer, au nom de la reine, qu'elle avait éloigné le cardinal sans esprit de retour et qu'elle allait faire mettre les princes en liberté*.
Monsieur, soupçonnant la reine de vouloir conduire le roi près de Mazarin, fit surveiller le Palais-Royal, et le peuple, excité par le coadjuteur, demanda à grands cris à voir le roi. Il fallut le lui montrer.
La reine fit appeler les gens du roi pour désavouer le dessein de quitter Paris. « Elle nous jura, dit Orner Talon, qu'elle n'y avait jamais songé, qu'elle ramènerait le roi à Paris s'il n'y était pas, qu'elle savait bien qu'elle ne pourrait pas faire un plus grand plaisir à ses ennemis que de se retirer de Paris. » Elle fit ensuite appeler le premier président auquel elle tint le même langage ; enfin elle assembla les ducs, pairs et officiers de la couronne pour délibérer sur ce qu'il fallait faire vis-à-vis du duc d'Orléans. Il fut décidé qu'on se rendrait auprès de lui pour le prier de venir de nouveau au Conseil. Le duc d'Orléans répondit qu'il le ferait après la liberté des princes.
Pendant ce temps, Mazarin se rendait au Havre et mettait lui-même les princes en liberté. Ils arrivèrent à Rouen le 14; le 15, le parlement de cette ville rendit arrêt pour obliger le cardinal à sortir de la province. Le 16, les princes arrivèrent à Paris où ils furent reçus avec un enthousiasme indescriptible. Le duc d'Orléans s'était porté à leur rencontre jusqu'à Saint-Denis et les salua, lui, la reine et le roi,
1. Isambert, t. XVII, p. 231; Mémoires cI'Omer Talon, t. VII, p. 27.