Isambert, t. XVII, p. 240 et
l'assemblée qu'elle tenait alors sans l'ordre du roi et même malgré l'ordre que les nobles avaient reçu de se séparer après la promesse d'une tenue des États généraux.
Le peuple prit fait et cause pour le Parlement et proféra même des menaces contre les nobles pour le cas où ils continueraient leurs réunions. Les nobles songèrent alors à quitter Paris et à tenir leur assemblée dans une ville proche de la capitale, par exemple à Étampes, où l'on aurait siégé jusqu'à l'ouverture des Etats. Le Parlement prévenu de ce projet tint une assemblée générale, à laquelle il convoqua le duc d'Orléans et le prince de Condé. L'assemblée fut fort orageuse. Le duc d'Orléans imagina alors un moyen ingénieux pour extirper ce nouveau germe de guerre civile. Assisté du prince de Condé, il se rendit à l'assemblée du clergé et lui déclara, de la part de la reine, qu'elle devait cesser de se tenir; elle n'avait plus d'objet, puisqu'elle demandait la convocation des États généraux et que cette convocation était promise pour le mois de septembre. Le duc d'Orléans ajoutait que la reine offrait un brevet signé de sa main et contresigné des quatre secrétaires d'État, confirmatif de sa promesse. Il termina en disant que s'il arrivait à la reine de se rétracter, le prince de Condé et lui n'hésiteraient pas à se mettre à la tête du clergé et de la noblesse pour demander l'exécution de la promesse au roi, lequel étant devenu majeur ne la refuserait pas, surtout si on lui montrait qu'il y allait de l'intérêt de l'État et de son service. Le clergé se laissa convaincre et consentit à se séparer. Le duc d'Orléans se rendit alors aux Cordeliers où se réunissait la noblesse; il lui fit les mêmes propositions et les mêmes promesses. La noblesse commença par témoigner d'un certain esprit de résistance, puis, se sachant abandonnée par le clergé, elle se soumit à son tour. Le triomphe du Parlement était complet : il l'emportait contre la
royauté, le clergé, la noblesse. Aussi persista-t-il dans ses prétentions contre les cardinaux et le 27 mars 1651, dans une assemblée générale à laquelle assistaient le duc d'Orléans et le prince de Condé, il rendit arrêt portant qu'à l'avenir les cardinaux, tant français qu'étrangers, seraient exclus de l'administration du Royaume1. Trois jours après, une députation de la compagnie se rendit auprès de la reine pour lui demander une déclaration confirmative de l'arrêt2. La reine, non seulement la promit, mais témoigna en outre au Parlement de sa satisfaction pour l'énergie dont il avait fait preuvre contre les assemblées de nature à nuire au service du roi.
« Le premier président, dit Goulas, en parlant de Mole, porta la parole et se surpassa lui-même; peut-être savait-il ce qui arriverait à six jours de là et s'était-il mis en bonne humeur, car M. le cardinal, piqué contre le garde des sceaux, manda à MM. Servien et de Lionne de le faire déloger et qu'on donnât les sceaux au premier président; il manda aussi qu'il fallait rétablir dans le Conseil M. le chancelier et M. de Chavigny, ce qui fut fait3. »
On voit que, du fond de son exil, Mazarin continuait à Nouvelles
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diriger les aliaires. Le lut sous son inspiration et contre ie duc d'Orléans celle du duc d'Orléans que le ministère fut réorganisé. Le ^iSf duc d'Orléans avait demandé le renvoi du ministre de la guerre Letellier, du ministre d'Etat Servien et du secrétaire des commandements de Lionne. Mais Anne d'Autriche s'y refusa ; elle consentit seulement à rappeler au Conseil Chavigny, créature de Condé, mais elle ôta les sceaux à Châteauneuf, créature du duc d'Orléans, et cela pour donner satisfaction aux parlementaires. Châteauneuf