‹ Le parlement de ParisChapitre 182 sur 238 · Mémoires cTOmer Talon, t. VII, 2e partie, p · texte numérisé non relu

Mémoires cTOmer Talon, t. VII, 2e partie, p

2. Mémoires cTOmer Talon, t. VII, 2e partie, p. 92. 5. Mémoires de Goulas, t. III, p. 332 à 534,

de Condé.

avait en effet refusé de signer la déclaration qui éloignait les cardinaux, même français, des affaires publiques. Mathieu Mole obtint les sceaux qu'il cumula avec la première présidence.

Cette combinaison faisait bien des mécontents. Le premier de tous était le duc d'Orléans, chez qui les seigneurs de la Fronde continuèrent à se réunir. On y fit des propositions si graves et Gondé voulut prendre une situation si prépondérante, que la reine fut obligée de se rapprocher du duc d'Orléans. Le prix de cette réconciliation fut la révocation de Mole auquel on reprit les sceaux pour les donner à Séguier. Les amis et collègues de Mole étaient eux-mêmes de cet avis, dans l'intérêt public. Mais Anne d'Autriche hésitait à se séparer d'un homme dont elle connaissait la vertu. Pour se tirer d'embarras, elle se décida à l'appeler et à lui soumettre la situation. Mole comprit et, saisissant la clef des sceaux qu'il portait suspendue à son cou, il la lui présenta. La reine, profondément touchée, lui offrit le chapeau de cardinal, mais il refusa; elle lui proposa alors une place de secrétaire d'Etat pour son fils; nouveau refus. Elle imagina de lui offrir, toujours pour son fils, la survivance de la charge de premier président. Mole répondit gravement que M. de Ghamplâtreux n'avait pas encore assez servi l'État pour mériter cet honneur1. Enfin, la reine le pria d'accepter 100000 écus et elle éprouva un nouveau et dernier refus. Mole reprit ses fonctions de premier président, comme s'il n'en avait jamais rempli d'autres.

Le prince de Condé essaya d'entraîner le duc d'Orléans dans une nouvelle coalition contre la reine. Il noua même des intrigues avec l'Espagne. Le 6 juillet, le prince sortit de Paris avec la duchesse de Longueville, sa sœur. Dès

Page 1