‹ Le parlement de ParisChapitre 183 sur 238 · Mémoires cTOmer Talon, t. VII, 2* partie, p · texte numérisé non relu

Mémoires cTOmer Talon, t. VII, 2* partie, p

que cette nouvelle fut connue à Paris, elle alarma la Cour, et la reine, après un entretien avec le duc d'Orléans, envoya le maréchal de Grammont pour demander au prince quel était le sujet de son mécontentement. Le lendemain, 7 juillet, le duc d'Orléans se rendit au palais. Il était accompagné du prince de Gonti. On s'y plaignit des gens de guerre. Les conseillers des Requêtes du palais et ceux des Enquêtes demandaient des commissions pour se rendre compte par eux-mêmes des désordres commis dans les provinces. On leur répondit que ces missions ne rentraient pas dans leurs fonctions, ce qui fut la cause d'un tumulte épouvantable. Le prince de Conti prit la parole pour justifier son frère. Il ne nia pas les méfiances du prince de Gondé, mais les justifia en disant que le cardinal Mazarin se proposait d'attenter une seconde fois à sa liberté. Le lendemain 8, le prince de Conti prit encore une fois la parole, ainsi que le duc d'Orléans. Celui-ci parla assez froidement ; il reconnut que le prince persistait dans ses soupçons et que le cardinal Mazarin faisait tous ses efforts pour revenir aux affaires. Mais le prince de Conti avait été plus énergique en faveur de son frère ; il soutenait que le prince de Condé « n'avait aucun intérêt, ni pour lui ni pour les siens, et qu'il ne désirait autre chose que la sûreté telle que tous les gens de bien estimeraient nécessaire1 ». Cette audace et cette dissimulation froissèrent vivement le premier président. Aussi, après le discours du duc d'Orléans, prit-il la parole pour montrer au Parlement combien la conduite du prince était criminelle. La séance fut encore une fois très orageuse. Le premier président ayant dit que l'affaire était de la plus haute importance et qu'il pourrait arriver que la retraite de Monsieur le Prince et la lettre qu'il avait écrite au Parlement fussent le commencement

Page 1