‹ Le parlement de ParisChapitre 185 sur 238 · Mémoires (TOmer Talon, t. VII, 2* partie, p · texte numérisé non relu

Mémoires (TOmer Talon, t. VII, 2* partie, p

avait que licence, que dans Paris on publiait des satires et des vers infâmes dont il fallait arrêter le cours; qu'on devait à tout prix mettre la main sur les coupables ; que les grands, par leur conduite audacieuse et insolente, faisaient émanciper les petits. Elle était surtout outrée de l'aversion du prince de Condé pour le cardinal.

Le 26 juillet, le Parlement fut mandé par députation au Palais-Royal. La reine fit dire à la compagnie qu'elle avait fait tout ce qui dépendait d'elle pour lever les soupçons et les défiances de Monsieur le Prince, qu'elle avait, suivant l'avis du duc d'Orléans, éloigné tous ceux qui déplaisaient au prince de Condé ; elle en avait éprouvé une peine amère, mais du moins avait-elle la satisfaction d'avoir agi pour le bien de l'État. Et cependant le prince de Condé n'avait en rien répondu à ses bonnes intentions ; il s'abstenait même de venir au Palais-Royal, alors qu'il rendait visite à tous ses amis. La reine priait le Parlement de lui faire savoir qu'il n'avait plus aucune excuse ni prétexte pour manquer à ses devoirs et le duc d'Orléans parla énergiquement dans le même sens. Le Parlement et le chancelier firent de louables efforts pour amener une réconciliation. Mais le prince de Condé resta inexorable ; il disait hautement qu'il n'accepterait aucun accommodement tant que la reine correspondrait avec le cardinal Mazarin, car il n'en pourrait obtenir autre chose que de bonnes paroles comme avant le jour de son emprisonnement1.

La reine manda encore une fois le Parlement, la Chambre des comptes, la Cour des aides et la Ville et leur fit dire de la part du roi, en présence du duc d'Orléans, du prince de Conti et de quantité d'officiers de la couronne, que le roi avait voulu leur témoigner de sa propre bouche que la conduite du prince de Condé lui était suspecte.

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