‹ Le parlement de ParisChapitre 191 sur 238 · Mémoires cTOmer Talon, t. VIII, lre part., p. 111 à · texte numérisé non relu

Mémoires cTOmer Talon, t. VIII, lre part., p. 111 à

2. Voy. les faits dans les Mémoires cI'Omer Talon, t. VIII, lre part., p. 127.

se rendre au Parlement. On proposa d'obliger le parquet à faire opposition à son entrée, mais les deux avocats généraux, Talon et Bignon, soutinrent que, malgré la déclaration rendue contre lui, le prince de Condé avait le droit de venir occuper sa place, sous prétexte que cette déclaration était semblable à un arrêt de contumace, lequel tombe de plein droit par la représentation de l'accusé. En effet le prince de Condé, accompagné du duc d'Orléans, vint siéger au Parlement. Le duc d'Orléans parla le premier et déclara qu'il était venu avec Monsieur le Prince pour témoigner à la compagnie qu'il n'avait d'autre pensée que le bien de l'Etat et l'expulsion du cardinal. Le prince de Condé parla dans le même sens. « Ensuite le président de Bailleul dit à Monsieur le Prince qu'il eût bien souhaité le voir en sa place dans un autre état que celui auquel il se trouvait à présent, étant condamné par une déclaration du roi registrée dans le Parlement et ayant encore les mains sanglantes de la défaite de ses troupes1 ». De leur côté, le prévôt des marchands et les échevins différaient l'assemblée de l'Hôtel de Ville ; comme on leur en demandait la raison, ils répondirent qu'en matière de juridiction gracieuse ils ne pouvaient recevoir d'ordres que du roi. L'assemblée de la ville se tint cependant le 19 avril, en présence du duc d'Orléans et du prince de Condé; ils y firent leur déclaration, puis se retirèrent, mais bien malgré eux et sur l'observation énergique du prévôt des marchands que s'ils ne se retiraient pas, l'assemblée serait levée. Le prévôt reçut une lettre du roi qui lui défendait de continuer l'assemblée et lui dénonçait les agissements du prince de Condé. A la demande de celui-ci, on fit venir le prévôt au Parlement pour le rassurer et vaincre sa résistance; on lui apprit qu'une lettre de cachet survenue au cours d'une délibé-

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