‹ Le parlement de ParisChapitre 20 sur 238 · L'Estoile, Journal, t. I, p · texte numérisé non relu

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3. C'est surtout en Picardie que la Ligue prit naissance; elle essaya ensuite d'agir sur les États généraux ou provinciaux, sur le clergé et sur la noblesse, en disant qu'elle avait avant tout pour objet le maintien de l'unité de la religion. Voir Mémoires de Mme de Mornay, t. I, p. 109. D'ailleurs, à certains moments, la Ligue fit même des promesses aux protestants. En 1578, le duc de Guise, voulant brouiller les affaires à son profit, parlait aux catholiques romains de l'intérêt de l'État et promettait en même temps aux protestants de plus grandes libertés. Voir Mémoires de Mme de Mornay, 1. 1, p. 53.

temps, mais aussi les profusions du roi et ses prodigalités, notamment au profit de ses mignons, qui étaient une cause de dépenses ruineuses. Pour faire face à ses dépenses insensées, le roi fut obligé de recourir à des édits fiscaux. Le 4 septembre 1578, il n'en présenta pas moins de vingtdeux au Parlement pour que celui-ci les homologuât, et en même temps il s'empressa de partir pour Fontainebleau. Le Parlement accepta deux des édits et rejeta les vingt autres, leur reprochant de créer des offices et d'imposer sur le peuple une taille qui serait la cause d'une sédition, peut-être même de la ruine de Paris et de l'État. L'avocat du roi, Brisson, fut envoyé à Fontainebleau auprès du roi, pour lui donner connaissance de cet arrêt. Henri III, mécontent, expédia, le 25 septembre, le seigneur de Chauny et le président de Belièvre avec ordre de faire procéder à la publication et vérification. Le Parlement répondit avec dignité « qu'il ne pouvait ni ne devait ». Le roi. profondément irrité cette fois, s'écria : « Je vois bien que Madame ma cour me veut donner la peine d'y aller moi-même. J'irai, mais je leur dirai ce qu'ils ne seront, possible, guère contents d'entendre. » Le Parlement comprit qu'il était habile de ne plus opposer une résistance aussi absolue et l'affaire se termina par une sorte de transaction : il consentit à enregistrer quelques-uns des édits et continua à repousser les autres1. Le roi, de son côté, fut assez sage pour ne pas insister davantage et se tint pour averti pendant quelque temps.

Cependant, en juillet 1580, les mêmes causes firent reparaître d'autres édits au nombre de huit. Le roi, pressé par ses besoins d'argent et n'ignorant pas que ces édits avaient déjà été repoussés par le Parlement comme iniques et oppressifs pour le peuple, vint en personne, et les gens

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