L'Estoile, Journal, t. I, p
du roi, intimidés par sa présence, requirent la publication. Le chancelier de Birague fît, à cette occasion, des remontrances à la cour qui les accueillit fort mal1. Le roi dut venir encore à son Parlement pour l'enregistrement d'un nouvel édit qui lui procurait de fortes ressources par la création d'un certain nombre de charges importantes. Il s'agissait de créer un nouveau président et un nouveau trésorier général dans chaque bureau des dix-sept généralités, aux dépens des parlements, auxquels on enlevait une partie de leur juridiction. Aussi ce fut partout une résistance générale et le roi ne la brisa qu'en venant lui-même dans l'enclos du palais pour veiller à la publication. Puis, dans l'après-dîner, satisfait de son succès, le roi, nous dit L'Estoile, « s'en alla à Ollainville, avec Darques et La Vallette, ses mignons, auxquels on disait qu'il avait donné la meilleure part des 400 000 écus revenant de la vente desdits offices* ».
Le 4 juillet 1581, le roi vint encore une fois au palais tenir son lit de justice, accompagné d'un grand nombre de seigneurs et de mignons, pour faire passer neuf nouveaux édits bursaux qui créaient des charges, des offices et des impôts. L'avocat du roi, de Thou, requit l'enregistrement et la publication. Le chancelier de Birague prononça un discours et recueillit les voix. La plupart des présidents et des conseillers lui répondirent qu'ils maintenaient leur résolution de la veille rendue en assemblée générale et suivant laquelle les édits ne pouvaient ni ne devaient passer. Le roi, averti sur-le-champ de cette résistance par le chancelier, lui ordonna de passer outre et de faire procéder à la publication. En apprenant cet ordre, le premier président dit tout haut « que selon la loi du roi,
1. L'Estoile, Journal, t. I, p. 366. Ces faits se passaient le 26 juillet 1580.